Rassegna storica del Risorgimento

BELGIO ; PELLICO SILVIO
anno <1933>   pagina <691>
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La fortuna del Pellico in Belgio 091
joura jaloux et soupgonneux. Pellico a osé étre lui-mème, et il s'est acquis autant d'amis que de lecteurs. Les mémoires de Pellico n'offrant que très peu de faits, ne présenteront guère d'intérèt à ceux qui ne lisent un ouvrage que pour s'y désennuyer dans le récit d'événements étranges et imprévus. Mais il m'a pam que sans entrer dans Le moindre détail sur les causes de sa dure captivité, sans prononcer peut-étre mème le mot de politique, les révélations de Pellico peuvent donner au lecteur attentif l'idée la plus exacte du gouvernement autrichien et de sa marche politique en Italie: e'est l'empereur lui méme qui s'occupo de ses prisonniers du Spielberg; il leur envoie son chapelain, il leur fait savoir quelque nouvelle bien concise de leurs procb.es ; il leur en­voie mème quelques livrea de piétó. Mais rien qui puisse adoucir une si dure, si insupportable captivité : une nourriture à peine suffisante pour maintenir une vie languissante et flétrie, nulle Bociété, nulle notion du dehors; jarnaia un livre nouveau, ou mème un feuillet de papier qui permette au prisionner d'épancher les douloureusea émotions de son àme ; toujours la plus profonde solitude ; le Bilenco le plus absolu. Oé-pendant, voyez avec quelle adresse, quelle précaution presque enfantine, quelle ruse presque comique, si rien qui s'appelle de ce nom pouvait approcher des hauts mura du triste Spielberg, par quelle inquiète et perseverante attention ila parviennent à échanger un salut, à se com-muniquer quelques paroles de courage et de résignation, avec quelle ardeur ils luttent incessamment contre l'affreuse idée du suicide, avec quel bonheur, un mot d'un ami, un rayon de lumière, un regàrd d'une sentinelle, une pensée de religieuse confiance fait triompher leur cou­rage et les rend à cette douce espérance, à cette lointaine espérance qui vit et meurt avec nous. Qui pourrait lire sans verser des larmes ces épanchementa de deux belles àmea, ces entretiens presque subliraes, dérobés à la surveillance rigoureuse des sentinella à traverà les bar-reaux des cachots, ces consolations passionnées de l'amitié entre Pel­lico et l'infortirne Oroboni, à peine àgé de 29 ans, arraché aux embras-semena d'une vieille mère, et condamné à mourir loin d'elle, loin de sa patrie, si chère, si uniquement aimée : ah ! quand les doux souvenirs de son adolescence, les entretiens de sa famille et de ses amia, et ces mille plaisir sana nom que nous gofltons dans le commerce de la vie intó-rieure, venaient à se réfléchir dans son àme abattue, le jeune comte se sentaxt mourir de faim et de captivité ; il sentait sa vie s'éteindre et malgré les rudes assauts du mal de chaque heure, il pensait à l'Italie, à sa famille, au monde, il ressaisisBait l'existence. Mais bientót toute illuison devenait mème impossible: en vain, soutenu par les plus subii-