Rassegna storica del Risorgimento
BELGIO ; PELLICO SILVIO
anno
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1933
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696
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Mario BattisUni
le poignard à la mairi, c'est moi qui suis l'Italie i noa tòtes se détour-neront avec effroi ! O'est que l'écrivain n'a pu oublier son role poli-tique; c'est que, après s'ètre étendu longuement et presque avec amour sur les beautés des prisons de Pellico et sur le noble caractère du poète italien, il s'est rappelé qu'il avait ses obligations d'athlète poli-tique à remplir, il s'est rappelé qu'il s'était rangé dans le camp de ces hommes timides qui renient aujourd'hui les principes qu'ils ont exaltés il y a à peine trois ans ; c'est qu'il a dù se distraire des douces inspi-rations du poète pour revenir aux menteuses déclamationa du tribuni Ainsi se vérifie la pensée du panégyriste lui-mème : les passiona politiques teignent de leurs couleura, toutes les productions de l'intelligence humaine. Et parce que les nobles exploits de la Pologne en feu ont ótó souillés de quelques excès, la Pologne a perdu ses droits à la sympathie, elle resterà blessée dana le respect du monde, et l'égare-ment de quelques hommes aura terni à jamais la gioire la pms chère-raent acquise ! Oubliez-vous les dévastations et les pillages de St. Ger-main-1'Auxerrois et l'ennemi furieux n'était point aux portes de Paris, semant le carnage et l'incendie.
Et parce que l'Italie est humiliée et avilie sona la domination de Home et des princes de l'église, parce que l'Italie est foulée aux pieda par l'Autriche et ses barbares satellites, parce que l'Italie est privée de ses plus nobles enfans, exilés et persécutés partout, convaincus seule* ment du crime détesté d'avoir aimé, servi, eli ante, la liberté ; parce que l'Italie rougit de son sang le plus pur les échafauda de Charles Albert, l'assassin du Piémont ; parce que cette Italie si grande et si mal-heureuse ne bénit pas la main de sés bourreaux ; parce qu'elle lève fièrement la tète pour repousser la force par la force, on l'accuse d'at-tenter à l'ordre social, et on a'en détourne avec effroi!
Parce que l'Italie vivante aujourd'hui, jouée, vendue et pillée par les Francois, reprise, enehatnée et décimée par le Autrichiens, aiguise un fer vengeur pour combattre tonte domination étrangère ; parce que l'Italie, digne de la liberté, veut l'acheter, non plus par de vaines prières, mais aux prix de son sang, l'Italie est livrèe au carbonarisme, à la demagogie, elle ne vous inspire que dégout; vous vous en détour-iiez avec effroi!....
Moins de pitie pour l'ordre social, et plus d'équité pour les victimes de cet ordre qui désespère et qui tue.
Ne profanez point votre talent d'écrivain, votre haute vocation de réformateur, car les écrivainB sont les vrais législateurs dea empires, et leur mission est digne de Dieu quand ila savent la remplir; ne mdlez