Rassegna storica del Risorgimento

BELGIO ; PELLICO SILVIO
anno <1933>   pagina <707>
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La fortuna del Pellico in Belgio 707
italienne. Dioté par la légitime colere du eitoyen, ce récit eùt été élo-quent, pathétique, mais vulgaire; écrit avec l'àme du poète et la dou-ceur du chrétien, il est sublime. A ne le considérer mème que sous le rapport de l'art, il gagne à cette intrèpide résignation sa véritable ori-ginalité. En s'élevant du monde réel au mond moral, le martyr a reeon-quis, par la hauteur du point de vue oà il s'est place, l'indépendance de l'écrivain. Si loin des hommes et de son temps, il a pu e tre impuné-ment naif, sincère, toujours vraij et à ceux qui se prendraient encore a regretter dans sa narration une parole pluB aceiibe, un accent pluB amer, je répondrais : Savez-vous beaueoup d'invectives qui parlent plus haut que cette chrétienne modération? Elle va si loin, cette modération, que plusieurs auraient voulu douter de la bonne foi religieuse de Silvio ; mais, dit Mr. de Latour, e'eùt été confessor qu'on ne connaissait ni le livre, ni l'auteur. Le livre, il est écrit avec une ai sance si parfaitement naturelle, que plusieurs se sont pris à sourire avec dédain de la candeur du poète, le voyant chercher des vertus jusque dans l'àme d'un geólier ; pauvres gens, qui ne se doutent pas qu'il est un homme plus à plaindre que celui qui semble dupe de tous, à savoir celili qui n'est dupe de per­somi e. L'auteur, c'est un chrétien, simple de coeur et ferme d'intelli­gence. O'est une àme revenue au Ohristianisme par cet instinct du mal-heur qui court aux consolations surnaturelles, mais aussi par cette in-fallible logique d'un esprit élevé qui, force de renoneer au monde, re-garde au delà et juge de plus haut. Oes croyances, qui ont été la con­solatici! de sa captivité, Silvio Pellico les a rapportées dans le monde, quand le monde l'a ressaisi de nouveau. e Plus je médite écrit-il plus je 8uis convaincu de la vérité de notre religion . Silvio Pellico vit aujourd'hui dans la solitude comme un convalescent qui hésite à es-sayer les forces qui lui arrivent. Cette mélancolie qui lui faisait dire avant l'epoque de sa captivité : Ah ! le plus beau jour de ma vie sera celui de ma mort et qui n'était peut-étre que le vague pressentiinent de son infortune, est encore au iond de son àme ; elle s'épanche dans 868 écrits par de touchantes inBpirations. Sa première occupation, après les prabiqueB du eulte, est la lecture des livres de piété j il s'en nourrit, il en fait volontiera le sujet de ses eonversations, et les plus ascétiques sont ceux qu'il prófère. Ses travaux Httéraires ne viennent qu'en se­conde Ugno, et il ne s'y livre que sous l'empire de ses preoccupations religieuses. Il a renoncé à écrire pour le théàtre et abandonnó deux ro­mana qu'il avait commencés .