Rassegna storica del Risorgimento
DABORMIDA GIUSEPPE ; PARIGI ; SARDEGNA (REGNO DI)
anno
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1934
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903
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Làr missione Dabornudu a Pungi twWottobrc 1859 903
à cel égard, spécialement pour ce qui concernè les Goa9-ments de Naples et de Rome.
L Empereor qui avait rec,u quelques heures auparavant la deputa ti 011 Toscane dont le Iangage avait été très-ferme et très-explicite, aborda lui méme la question de la Toscane en me disant qu'on l'assurail que les Toscans ne veulenl pas du Grand Due. Je me suis empresse de confirmer ce fait, et j'ai exposé à mon auguste interlocuteur les raisons qui le justinaient et qui rendaient la restauration du Grand Due impossible sans Tappili d'une intervention armée. L'Empereur se montra alors très preoccupé. Il a répété plusieurs fois qu'il était lié par les enga-gements pris à Villafranca et que, tout en regrettant de ne pas avoir sa Iiberté d'action, il ne voyait pas comment il pourrait se soustraire à ses promesses. J'ai fait remarquer à l'Empereur qu'en mènie temps qu'il avail promis la restauration, il avait aussi déclaré qu'il n'y aurait pas d'intervention armée; par conséquent, lui ai-je-dit : si les peuples persistent à ne pas vou-loir de la restauration, V. M. ne pourra pas la leur imposer. D'ailleurs V. M. sait qu'il y a des gens qui comptent sur le désordre dans les Dncliés, comme sur un moyen de parvenir à la restauration. Mais soyez convaincu, Sire, que si le désordre éclate dans les Duchés, il gagnera bien vite Rome et Naples. Si Garibaldi n'a pas passe les frontières de la Toscane et des Léga-tions on doit en savoir gre uniquement au Roi qui a pu le rete-nir; mais le jour où il touchera le sol de la Cattolica ou de la Ombrie, toute l'Italie meridionale se soulévera d'un seul coup.
L'Empereur ne m'ayant pas dit un seul mot pour nous invi ter à préter notre concours moral à la restauration, je n'ai pas eu besoin de repousser un conseil qu n'était pas donne. CependanL, j'ai déclaré, que le Roi, après s'ètre constitué, du consentement de l'Empereur, le defenseur de ces popola tions, ne pouvait les abandonner sans perdre lout son prestige et son influence, et sans faire renai tre> la? patM Mazzinien qu'on était parvenu, à grande peine, à detruire cu Italie. J'ai concio que j'avais trop de con fi ance dans les sentimens de PEmpereur et dans son affeclion pour l'Italie, ainsi que dans l'intérèt mora! et niaté-riel que la France avait dans la realisation de l'indépendance de ce noble pays, pour craindre un instant qu'il ne sùt trouver dans sa haute perspicacité un moyen pour résoudre la question d'une manière satisfaisante.