Rassegna storica del Risorgimento
DABORMIDA GIUSEPPE ; PARIGI ; SARDEGNA (REGNO DI)
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1934
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904
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904 rie Vocchl dì Val Cìnmon
L'Empereur me demanda quel poui-mii ètte ce moyen.
J'ai répondu quii était nécessaire que l'influence Antri-chienne cessai complèlement, et que l'Italie fui placée dans des condì tions qui lui permisseut d'avo ir et de conserver une exis-tance tout à fait indépendante, et qu'elle fòt organisée d'une manière sérieuse et durable avec des institutions libérales et soli-dement garanties.
L'Empereur répliqua qu'il lui semblait que ce but serait atteint si on réalisait son projet; et il se montra convaincu que rAutriche n'avait aucune arrière pensée et qiTellc ne songeait nullement à reconquérir le position qu'elle avait penine dans la Péninsule. Je me suis alors attaché a détroniper l'Empereur soit sur le résultat de ses combinaisons, soit sur les intentions de l'Autriche à l'égard de l'Italie. L'Autriche, lui ai-je dit, par son refus de rendre la Vénétie, à l'Italie, par sa persisi ance à garder les f orteresses du quadrilatere, par sa répugnance à trai ter direc-tement et sincèrement avec le Piémont pour la cessi on de la Lombardie, montre à l'évidence que la passion et l'esprit de vengeance l'emporlent encore, dans ses conseils, sur les consi-dérations plus sérieuses de l'intérés véritable de l'Empire. H n'y a pas de doute à nos yeux, et V. M. peut se fier à notre longue expérience, que l'Autriche saisira la première occasion favorable pour reprendre ce qu'elle a été forcée de céder, et pour recondnire le Princes italiens sous sa dépéndance. Les agents Autrichiens tiennent à cet égard un langage assez expli-cite qui ne peut troni per personne.
Interpellé sur le quid agendum j'ai déclaré a S. M. qu'il était d'abord et avant tout indispensable de maintenir à tout prix l'ordre et la tranquillité publique, et qu'il fallait ensuite attendre les bienfaits du temps. Mais, pour maintenir l'ordre, ai-]e continue, il faut donner plus de consistance aux gouverne-ments locaux et relever leur Autorité. Le moyen de le f aire serait de nommer un Régent. Telle au moins est la convinction de lous les esprits sérieux en Italie.
L'Empereur me dit qu'il croyait que ce moyen était dan-gereux surtout si la régence devait ètre confiée au Prince de Carignan; car ce fait anrait donne a nos ennemis un nouvel argument pour crier contre l'ambition et les sentiments de con-voitise du Roi de Sarda igne. Sur tnon observation que le Prince n'accepterait pas la Régence au noni du Roi, que la Sardaigne resterait tout à fait en dehors de sa nomination, que d'ailleurs