Rassegna storica del Risorgimento
CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA ; SARDEGNA (REGNO DI)
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1934
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Francesco Salata
falions el le Corps de la Noblesse. Le Conile Gina me fit remarqucr que c'était pareillemcni le moine jour, le 17 avril, que dottze [ans] auparavant j'etais venu pour la première fois dans felle ville
Comme vous comprcnez, chère Connesse, je ne bussai pas que de parler de toutes nos affaircs avee Deassart et avec Monsieur de Jugc (7) pois à quaire heures je montai à eheval et je me rendis aux Saline*, établisseniem d'une si grande importance pour cette ile. J'y vis le Canal que j'ai fati faire, qui conduit jusqu'à la mer, et plusieurs construclions qni furent égalcment faites d'après mes ordres. Ce fui une course de presque deux heures. Apre* le diner le Corps de ville fit faire sous mes fenètres un concert accompagné de chanls qui fui executé par la chapelle Filarmonica. Il y avait grand nombre de auditeurs qui applandìrent lorsqne je fis une appariiion sur le balcon et qui prirent pari à cette féle. à la fin de laquellc je n'assisiai point la cerimonie ni'et ani retiré dans ma chambre peu après avohr recu le programmo qui me fut appone par les Svndics; la ville fui tonte illumìnée.
Dimanches je fis comme à Turin; j'eus le rapporl du Colonel des Gardes, la messe de Cour en grande cérémonie à la Caihédrale, à laquelle je me rendis par les dépendances du Palais qui communique avec celui de l'Archevcque. La noblesse, les officiers y assistèrent. J'ens aussi les entrées. Dans Paprès midi je sortis à pied, je me rendis au College des Jésuites, qui est une de mes fondalions. puis dans PEglise de S.te Thérèse qui en est assez distante, où je recus la bène-diction qui fut accompagnée de chants, qui j'aime à Croire auront été fon beaux. De cette Eglise je passai dans le couvent qui appartieni aussi aux Jésuites. HS y ont lem* noviciat, et ile y font les cours publics d'instruction pour les enfanis de la ville, qui y viennent en nombre de quatre cents. Comme vous pouvez vous figurer, chère Comtesse, les harangues des enfans dans ces deux établissements ne m'ont point fait fante. De là je passai sur la place du marche, et je fis un long tour dans la ville, presse surtout dans quelques endroits d'une manière particulière par la foule des habitants qui m'eniouraient, et qui montrent une grande satis-faction de me voir. Nous fumes vingt cinq à diner, y ayant invités quelques feuda-laires et des aulorités; les premiers se montrent extrèmemenl sensibles aux poli-tesses que je lenr fais, et cerchent à pronver autant d'empressement que d'affection. Aujourd'hui, Lundi, Victor, qui parait très content de son voyage, est parti de grand matin pour faire une panie de ebasse (8). Je suis reste à écrire, faisant repartir VJcnuse qui ne nous est arrivé que hicr, après avoir depose les passagers à Porto Torres. On nous prépare diverses féies ; mais je prends le sage parti de ne vous en point encore parler, espérant, chère Comtesse, que cela vous fera peut-ètre desirer de recevoir encore une de mes épitres. Vous voyez à quel point je deviens calculateur; mais vons feriez pourtant mìeux de rattrihuer au grand prix que j'attache à votre souvenir. Si vous entendez dire à des bonnes ames que je suis exténuè (auiremcnt dit, en élat de crévaison), vous pouvez les rassurer, car je me porte teflement bien, qne depuis long temps je n'avais été dans un état aussi prospère. Mon retour ne sera pas retar de au de là du temps que je m'étais tìxé;
(7) Cav. Francesco De Iuge di Pieuillet, Intendente Generale.
(8) La partita di caccia, divertimento assai gradito dal Duca di Savoia si svolse nelle vicinanze della Maddalena, al di là dell'istmo della Piala (Gazzetta Piemontese, 29 aprile).