Rassegna storica del Risorgimento
VILLAHERMOSA (DI) CARLO ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA ; SARDEG
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1934
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1056 Adolfo Colombo
intcrèts mais la valeur des titres n'a jamais été contestéc. V. M. par l'adii royal du 16 Aoul 1836 a trouvé bou de rèorgnniscr radminislration civiquc de la Capi-tale de la Sardaigne. Lea créanciers de cette ville s'en réjouireni. Dans une admi-nislraiion mieux conduite leurs propres intércts leurs paraissaient mieux assurc. Cependam Jes années se pa.aieni el leurs druils scmblaient mi dans le plus prò-fond oubli. Lasscs d'atlendre plusieurs d'enire eux se décidcnt à avoir recours aux tribunaux pour poursuivre leur légitimes créances. Sous le ragne de V. M. cette voie parait sacrée et ouvcrto à tous. La voix publique de l'Europe enliètre a exalté le grand Roi Fréileric de Prusse laissani porter devanl ses juges l'affaire du Mcunier de Sans-souci. Nul n'accuserà co monarquc d'avoir manqué de fer-meté et d'energie: cepcndant il a peut-ètre plus fait pour sa gioire par ce trait de respect pour la justice, que par ses brillantes victoires. En sera-i-il autrement sous le régne glorieux de Charles-Àlberi? Non certe quand il parlerà lui memo. voici pouriant ce que l'on a écrit en son nom.
Le 16 Avril 1840 le secrétaire d'état près le Vice-Roi èerivit au Conseil civique de Cagliari, que Vadministration municipale devait se laisser condannar en contumace pour toutes les créances du Rateo vu que S. M. ne permettrait jamais que Von pretat main forte pour l'exécution de ces sentences. H donnait de cette déclaration étrange. la singulièrc raison, que Vutilité publique devait prévaloir sur Finterei prive. Le secrétaire d'étal ne voit donc ici que deux inté-rèts seulement et la sainte cause de la Justice et dcs lois est mise par lui hors de question. V. M. ne professe t'elle pas bantement qu'elle a re?u en dépot de Dieu le glaive de la justice pour en proteger constamment les fidèles balances, non point pour arbilrer entre des considéralions d'intéret.
La doctrine que dans cette déploroble dépècbe mei en avant le secrétaire d'étal est celle qu'ont invoquee les jacobins de France et d'Espagne pour couvrir leurs iniques spolialions. Que les intéréts l'emportenl sur le droils dans les balan-ces du Souverain, et les crimes les plus monstrueux ont une excuse toute prète. Tout cependant n'est pas fini là. Les créanciers du Rateo portent leurs plaintes au pied du tróue; le Viceroi leur répond le 2 9bre 1841 que Vadministration municipale n'a pas de fonds pour payer ses dettes, et que les créanciers doivent se tranquiUiser dans Vespoir que les efforts du Gouvernement amenerait des tems plus prospéres.
Et cependant, Sire, cette ville que l'on dit dépourvue de fonds, a prodigué des sommes considérables en dépenses extraordinaircs onbliant que les rentes des créanciers devaient avant toni faire partie de son budjet ordinaire.
On alléguera peut étre que l'on a pris l'avis du Garde des Sceaux et du Conseil Supreme de Sardaigne, mais peut on croire que ces respectables autorités euesent ainsi lese Ics droits acquis, si dans les exposés ont eut fait mention des prodigalités de la ville de Cagliari, s'ils eussent su qu'on dépouillaii des créanciers légitimes pour amplifìer un théatre qui élait déjà fori convcnable.
Je me permete d'indlquer un moyen que je crois plausible pour remedier à ce déni de justice. On ponrrait liquider Ics créaneou individuelles memo en les reduisant d'un quart, el les conipenscr par la cession dea kiens demaniaux, qui leur seraient livrèa par le Gouv., lequcl ayant ainsi acquis tous les droits des particuliers, deviendrail créancier de la ville avec laquelle il ponrrait prendre dea arrangemens réciproquement convenables; par ce moyen on aurait le doublé