Rassegna storica del Risorgimento

VILLAHERMOSA (DI) CARLO ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA ; SARDEG
anno <1934>   pagina <1061>
immagine non disponibile

Le condizioni della Sardegna negli anni 1841-42, ecc.* 1061
in.
Sire
l'ai eu i'honneur cet hiver d'exposer à V. M. dans deux méinoires, qu'Elle avait bien voulu me demander, quelques faits aussi graves que pénibles relatifs a l'état uctucl de la Sardaigue.
La bonté avec laquelle V. M. a daigné accueillir l'cxposition sincère des faits qui étaient parvenus à ma connaissance, a été pour moi un puissant encoura-gement. Aussi durant un séjonr de quelques mois que jc viene de faire en Sar-daigne je me suis applique à recueillir quelques nonveaux éclaircissemens sur l'état de ce Royaume.
Cesi le resultai de ces recherchcs que je viene bumblemenl déposer aux pieds du trone de V. M. pour obéir aux ordres réitérés que j'ai recus d'Elle, et pour remplir par là le devoir d'un su jet ndèle et devoué. V. M. est bantement pénetrée de la sainteté de la mission que Dieu lui a assignée en lui confiant le bonheur d'un peuple religicux et attaché par le liens de la fi dèli té à son auguste dynaslie. Lui indiquer de nouvcaux bienfaits a répandrc e'est répondre au désir le plus vif de son coeur.
V. M. en abolissant toutes Ics jurisdictions féodales a voulu concentrer et rendre plus énergiqne l'exercice de la justice, lui assurer une action plns uni* forme et plns regulière, et satìsfaire en méme tems au premier besoin des peu-ples et au premier devoir des gouvernans, celui d'assurer le règne des lois justes et équitables. Mais si la nouvelle organisation judiciaire fon e donne plus lente-meni et plus cbèrement que 1*ancienne, si la justice est rendue plus partialeinent et plus arbitrariament qu'eile ne l'était sous rancien système, alors les intention? si paternelles de V. M. ont été bien frustrées et les vices de l'exécution ruinent de fond en comble le bien qu'eile a voulu assurer à se peuples.
L'abolition du système féodal a tari une des sources les plus abondantes de procès et de discussions judiciaires. Cela aurait du ótre un grand bonheur pour le pays, sur qui pésent en dernière analyse, tous les frais onéreux qui occasion-nent de pareilles procedures. Cependant par une fatale coincidence c'est dans le tems méme on se fermaiì une Iarge porte ouverte à la chicane, que l'on a établi une fonie de nonveaux tribunaux, que l'on a plus que doublé le nombre des juges,. et que l'on a uscite une fonie de ces suppots inferieurs de la justice qui doivent tóujours se trouver amour des endroits où se vident les débats judiciaires.
L'état deB finances de la Sardaigne n'a pas pernus d'assigner des pajes suffi-santes à tous ces nonveaux raembres de l'ordre judiciaire. On a du leur laisser la ressouree des sportole qu'ils recoivent dea plaideurs. Il faui bien que tout le monde vive, et catte nuée de gens de robe vojant sa paturc diminuer avec le nombre dea contestationB judiciaires. a tronvé moyen de s'en dédomntager en augnientant outre mesure les frais qui accompagnent les procés, et en se prò* curant des compensatici! qui ne soni pas tóujours bien honnétes. On cherche tous les moyens de compliquer la procedure, de uml triplice les incidane et de rendre le sanctuaìre de la justice inacccasible aux pauvres, et ruineux pour les moine* reax qui se trouvent impliqués dans quelque affaire litigieuse,
J'ai dejà observé dans un de mes précedens niunioires combìen on avait ren> cheri les frais nécessaires pour obtenir l'approbation des contrats relatifs aux mineurs. Il en est resulté que beaucoup de ces contrats soni omis et que l'on y