Rassegna storica del Risorgimento
VENETO ; FRANCIA
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1935
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Cesare Vidal
forteresses et un plébiscite tant à Venise qu'à Trente. Cet hom-me d'état clairvoyant exposa les avantages que présentaient ses propositions : Signature d'une paix séparéepar VItalie, liberté pour VAutriche de continuer sa guerre avec la Prusse, si elle le jugeait convenable* M. de Malaret en fut ébranlé. Il transmit, à Paris, les propositions de Visconti-Venosta en les annotant ainsi: <c La France a intérèt à détacher VItalie de la Prusse et à laisser celle-ci seule continuer la guerre. L'Autriche, au prix d'un sacrifice très minime, devrait se montrer satisfaite d'acque" tir la libre disposition de ses forces et la certitude que ses dé-mèlés avec l'Italie, qui ont toujours, été pour elle, une cause de faiblesse et méme d' impuissance sont à jamais terminés . Ces suggestions, qui eussent modifié le cours de l'histoire, ne furent pas écoutées, et Napoléon III y répondit par un refus (27 juillet 1866). Il ne resta d'autre ressource à Victor Emmanuel qu'à convoquer à Florence, pour le 28, un Conseil de la Couronne auquel il convia Ministres et Généraux afìn d'arrèter une décision. 2> A 1' issue de ce Conseil, Nigra fut chargé de faire savoir à Drouyn de Lhuys, le 29 juillet, que l'Italie acceptait l'armistice sur la base de l'Uti possidetis militaire avec retour de la Vénétie sans conditions (e'està dire sans conditions onéreuses, ce qui sigrdfiait à titre gratuit, sauf règlement de la dette); l'Italie admettait également le
J) C était, pour la politique extérieure l'heure decisive dont le Second Empire ne sut pas profiter. Si la France avait occupé les pays rhénans tandis que les forces de FArchiduc Albert seraient remontées dans la vallèe du Danube, l'armée prnssienne se serait trouvée dans une posture dimoile, une fois privée de l'alliance italienne. Résoudre le problème du Trentin, en 1866, aurait épargné Sedan à l'Empire et à la France et la guerre de 1914 à l'Europe; mais quos vult perdere ! .
2) Il avait aussi des doutes quant aux dispositions belliqueuses de la Prusse, d*où les propositions de paix séparées offertes par Visconti-Venosta. Le Conseil réuni le 28 juillet, dans l'après-midi, dura jusqutà 1 heure du matin. La nouvelle qufun armistice allait ètre prochainement signé en AUemagne pesa sur la décision de Victor Emmanuel et de ses conscìllers. Le Prince Napoléon avait fait savoir au Roi que e VEmpereur n'élevait aucune objeclion à ce que le Trentin fut réuni à VItalie, mais quo la France ne pouvait demander aucun engagement à VAutriche à cet égard . (Le 22 juillet avait été signée la suspension d'hostilité austro-prussienne, transformée en armistice le 26 à Nikolsbonrg. Sur l'attitude de Bismarck, voir CHIALA, T. 1, p. 29).