Rassegna storica del Risorgimento
PIO LUIGI ; GIACOBINI
anno
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1935
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pagina
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399
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Da diplomatico a giacobino 399
Una simile inaudita condotta, un simile dissueto tono nella corrispondenza ufficiale, non potevano passare inosservati e furono notati, con vivo disappunto, dal governo di Luigi XVI. Il 15 gennaio del 1782, il signor de Clermont, ambasciatore francese a Napoli, ricevette una lettera molto vibrata dal suo ministro:
t Je ne puis croire, Monsieur gli si diceva que le Sr. de Pio ait outrepassé ses ordres en m. écrivant la lettre dont le Roi n'a pu se dispenser de témoigner son mécon-tentement; si la chose s'était aussi passée, coinme vous avez mis, la cour de Naples, à portée de juger de la lettre de ce chargé d'affaires, il y a longtemps qn'on l'aurait désavoné. Aureste, Monsieur, je ne serais jamais étonné quand le Sr. de Pio travaillera à donner une tournure désagréable atta: affaires qu'il aura à traiter ici. Ni l'exemple de Mr. le marquis de Caracciolo, ni les bontés qu'il éprouve, ni surtout les liaisons qui existent entre les deus cours ne peuvent contenir ce jeune homme dans ses propos; il semblerait ètre aux gages de nos ennemis tant il triomphe de nos pertes et s'afflige de nos succès. Ce n'est certainement pas l'intention de Sa Majesté Sicilienne ni de son Ministère d'avoir ici un correspondant aussi capable d'inspirer la défiance et dont la conduite privée n'est guère meilleure que les dispositions politiques. Je vous prie,
Monsieur, d'attendre un moment où Monsieur le Marquis de la Sambuca soit
calme, pour lui insinuer qu'en attendant l'arrivée du nouvel ambassadeur, il nous ferait grand plaisir d'envoyer ici un personnage plus sage et plus bonnète que le Sr. de Pio. Le Roy ne veut pas demander son rappel, pour éviter jusqu'au soupcon que Sa Majesté doute du désir du Roy, son beau-frère, de mantenir scrupuleusement la confiance et la bonne barmonie qui subsiste entre les deux Cours. Il est certain qu'il n'y a rien de bien à espérer pour le service des deux souverains d'employer des gens aussi inconsidérés que le Sr. de Pio. Les affaires les plus simples peuvent etre gàtées par de tels agents et comment un Ministre peut-il parler franchement à un homme qu'il connaìt pour etre capable d'envenimer les cboses les plus innocentes et de pré-senter ce qu'il entend, ce qu'il voit sous les coulèurs les plus fausses. ? .
Il signor di Clermont espresse le lagnanze del suo governo al mar* chese della Sambuca, e questi, a sua volta, indirizzò, il 5 febbraio del 1782 una lunga lettera a Luigi Pio, rimproverandogli l'imprudente contegno in fatti ed in parole che aveva cagionato nel Real animo sorpresa e disgusto . Ferdinando IV, soggiungeva, aveva da tempo notato il tenore poco misurato del suo funzionario, ma quella condotta, tuttocchè imprudente poteva meritare qualche scusa. Senonchè, inscusabile e degno del maggior biasimo era quel malavveduto procedere, quell'indiscreto parlare sugli* oggetti pubblici e politici la libertà con cui il Pio credeva lecito nelle conversazioni di censurare
le misure del governo, o di rilevarne i difetti , l'insultante
piacere in occasione di qualche svantaggio sofferto dalla corte francese. Solo una irragionevole prevenzione o un totale oblio del proprio carattere così personale che pubblico poteva spiegare un contegno così