Rassegna storica del Risorgimento
ESERCITO
anno
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1935
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pagina
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773
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Confidenti della polizia piemontese nel Risorgimento 773
C'est par ces motifs que j'ai été, malgré moi, obligé de retarder un nouveau rapport que je me proposais de vous adresser; mais le moment approche où celui qui en est l'objet doit probablement signalcr ici sa funeste présence et je menate de vous en entretenir.
J eus l'honneur de vous écrire de Marscille et de vous dire plus tard de vive voix que je fis dans cette ville la connaissance du nommé Audric, ex secrétaire intime de Jerome Bonaparte; vivant au milieu des républicains et dans la confìance que j'avais su leur inspirer il me fui plus facile d'avoir avec ce puissant et farouche déma-gogue des relations suivies. L'influence qu'il exercait sur le Comité des Amis du Pcuple et 1 espèce de eulte dont ils l'environnaient, joints aux observations que je recueillais, me prouvèrent l'importance de cet homme et je m*attachai dèa lors à lui avec tonte la prudence et la pénétration nécessaires.
Pour pouvoir parler avec lui sur un certain pied d'abandon il ne me fallut rien moms que le manteau républicain qui me couvrait de son ombre, ear Mr Audric est doué d'une pénétration extréme et d'une méfiance analogue; sa conversation annonce un homme élevé et supérieur. Son intervention dans le drame républicain est d'autant plus dangereuse qu'il est entrainant, incisif, d'un grand courage et que ses con-victions sont profondes. C'était un ami intime du célèbre Armand Carrel et les co-lonncs de la Tribune ont souvent retenti de ses articles éloquens et incendiaires; ajoutcz à cela qu'il jouit d'une fortune assez considerarle et des relations sociale les plus élevées.
J'avais espéré obtenir quelques révélations importantes, ear je lui inspirai de la confìance et je le dus moins à mon peu de inerite qu'à la recommandation des mem-bres du Comité de Marseille. Si j'entre ici dans quelques développemens un peu étran-gers aux faits principaux c'est afìn de vous faire connaìtre mon système et pour qu'en suite vous puissiez bien étabiir votre opinion sur mon compte et sur les services que je pourrai rendre, si les circonstances se présentent. J'ai toujours pensé que pour agir sainement et avec plus de succès, c'est le moral et le caractère de l'individu qu'il faut étudier avec soin; on arrive ensuite par une pente facile à la connaissance de ses actes. Tandis qu'en n'ayant d'abord que le but en vue on se trompe souvent et l'imagination finit par aller s'égarer dans les replis nombreux qui entourent le coeur liumain; de cette manière aussi on ne sera jamais dans le cas de compromettre un innocent, on agira à coup sur, et c'est déjà un grand résultat.
Je n'appris de M.r Audric que ce dont nous avions déjà la conviction, c'est à dire, le travail opiniàtre des différentes associations, leur ensemble, leur accroissement progressif, les moyens de ne plus correspondre entr'elles que par leurs émissaires et enfln l'impossibili té où seront les polices de parvenir à couper la vaste trame dont ces sociétés enveloppent les trònes absolus, en resserrant de plus en plus autour d'eux
ce cercle formidable.
Les associations d'Allemagne excitaient au plus haut degré son enthousiasme par leur activité laborieuse et perseverante autant que par le mystère qui doit les protéger jusqu'au jour où Paris entonnera la trompette de révolte devant laquelle les vieux trdncs de notre Europe monarchique doivent s'écrouler comme autrefois
les murs de Jérico.
Venait ensuite l*ItaKe, mais il démontrait moins de confìance dans ses popula-tions versatiles; il craignait que la liberté ne fùt encore pour elles qu'un frait vert dont elles ignorassent tonte la saveur, ce qui par conséquent les rend moins aptes à le défendre et conserver. Cependant il avouait que les Comités y sont parfaits et la jeunesse exeellente.