Rassegna storica del Risorgimento

VITTORIO EMANUELE II RE D'ITALIA
anno <1936>   pagina <1476>
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1476 Adolfo Colombo
sourire ironique sur les ièvres de M. de Bruk) mais pour occuper les points im­port ants que nous ne voudrions pas laisser tomber dans les mains de VAutriche. Enfin je conclus que nous avions une force réelle et important dans notre marine militaire et marchande que nous emploierions la première avec force, et activité, et que nous tirerions parti de la seconde en donnant des lettres de marque et en faisant courir sur le commerce autrichien, dans la Mediterranée, 1 Adriatique et l'Archipel, ce qui pourrait bien décider les Puissances Enropéen-nes à intervenir corame cela avait eu Keu pour le Danemarc.
Mais comme les menaces et les colères allaient toujours lem* train, je finis par prier M.r de Bruk de me permettere de laisser de coté nos qualités poli-tiques et de lui tenir le langage qu'un vieillard à longue expérienee peut adres-ser à un homme d'Etat comparativement beaucoup plus jeune. Vous me parlez, Ini dis-je, d'ecraser de détruire de massacrer des millions des centaìnes de millions d'hommes; j'admets qu'un homme d'état peut quelque fois user de son inflnence pour arriver à ce resultai: mais croyez à moi, les jours du remords ne tardent pas à arriver et on se reproche d'autant plus vivement d'avoir été la cause de pareils désastres, que tonte répntation devient impossible; le der­ider jonr d'un homme d'état arrive aussi vite que celui d'un autre homme, et malheur à celui qui dans ce dernier ce solennel moment aura à se reprocher d'avoir par ardenr de ses passions amene la destruction d'un grand nombre de ses semblables.
M.r de Bruk se calma alors peu à peu. Il voulut m'adresser personellement des phraseB polies, mais je me hàtai de lui dire que je n'etais aucunement blessé de tout ce qui avait été dit, que chacun de nous fesait ses affaires et que mon seul désir était de pouvoir arriver à une conciliation, et sur cela nou6 nous quittames à 11 heures et demie.
Je n'ai pas parie d'amnistie à Y. E. c'est que certe question change de face selon les personnes à qui on s'adresse. M. de Bruk uniquement occupé des ques-tions financières en fait bon marche et dès que nous serons d'accord avec lui sur les premières il appuira vivement notre demande à Vienne et fera tous ses efforts pour la faire réussir.
Il n'en est pas ainsi de M.r de Hess qui tient beaucoup pluB aux principes, qu'au écus, et qui fort au courant des découvertes journalières de la police tien-drait beaucoup plus à se défaire ou à éloigner les chefs de la conspiration Lom­barde qu' à faire entrer quelques millions de plus dans les caisses de l'Etat. Mais tous admettent que l'amnistie est un acte réservé à Pinitiative du Sou-verain et ne peut etre négociée ni stipulée par personne, mais accordée par Lui. Ha admettent tous également que cettc amnistie est à peuprès nécessaire, qu'elle doit se faire et se fera, mais les plus exaltés ne la veulent qu'après la paix,
Ainsi je n'hésite pas à croire que dès qu'on sera entendu sur les autres points, l'amnistie sera emportée par nous. Seulement il se pourrait qu'on fut