Rassegna storica del Risorgimento

QUETELET ADOLPHE ; BELGIO ; PETITTI DI RORETO ILARIONE
anno <1936>   pagina <1073>
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Documenti italiani nel Belgio 1073
N. 42.
Turin, 25 man 1846. Mon cher Quetelet,
Quoique votre lettre du 18 mars courant soit une rtponse à mes prec6dent.es, comma je voos ai écrit par occasion ces jours dernicrs, pour vous demandar ai vous aviez reeu mon livre sor les cbemins da fer, j'ajonte encore celle-ci pour vons accuser reception et vons remer-cier de votre dite lettre qui nons fait à tous grand plaisir, pnisque précisément à cause da sur crolt d'occupation qu'on vons donne tous les jours, nons craignons, non sans motif, qne votre sante pùt en souffrir. Enfiu, Dieu merci, il n'en est rien, et vous vous portez bien. Ma sante est depuis quel que tcmps amisi mei 11 cure; ce n'est pas qne le travail me manque pour l'animar encore ear malgré ma position bien modeste, on ne me l'épargne pas et l'entreprise colossale des cbemins de fer, où il me fautlutter de plusieurs manìères, est scale suffisante à cela, Je voua serais bien obbgé, si en voyant Mr. Rogicr, ancien ministre des travaiix pnbliea, vous lui faisiez savoir, en lui faisant mes compliments, la mention bonorable que je rais de Ini aux pages 91 et suiv. de mon di t livre.
Je n'ai eu, comme je vous ai écrit danB l'antre lettre, ancune réponse de ceux envoyés à Bruxelles, moina de Mr. Heuscbling, Mr. Marini m'avait prévenu qne Mr. Deschamps n'était pas très actif. Je vois comme vous avec cbagrin la nouvelle crise rmnistérielle qui vous arrive* Ces changements continuels sont tonjours nuisiblcs. Le parti catholique veut se perdre en Bel­gi que comme il s'est perdu en France; sa monomanie jésuitique de tout anvahìr le perdra. lei, où on l'on ne peut discuter, il a Ics coudées franebes, et en agi t de plus belle, mais outre qu'il perd la religion, réduite a quelques pratiques extérieures, il s'aliène aussi teìlement l'opinion, que je ne sais ce qui arriverait si jamais une conilagration arrivait. Ses ebefs sont bien imprudenti.
SS vous avez occasion de voir Mr. Yandeweyer, veuillez lui dire bien des eboses de la part de mon beau-frère de Scagnel, qui vous en di t aussi autant. *) Il a tonjours pris le pina grand intérct aux succès de vos amis, et il espère que le souvenir de l'ancien réfugié piémontais, ne aera pas entàèrement anace de son cceur, qu'il di t bon et généreux.
J'ai lu environ les deux tiers de votre livre, mais par intervalles et par bonds; il me faudrait avoir .buit jours libres pour le relire plus attentivement et faire un compte rendu de cet ouvrage, à mon avis fort remarquable, auquel on ne peut nullement reproeber une tendance materialiste; mais sculement que l'immense diffieulté de recueillirles éléments statisti ques souvent fautrfs on inexacts par ignorauce on par mauvaise volonté, rend bien incendino l'cxactitude dea travaux de catte matière. Si la forme épistolaire donnée à votre travail lui donne, il est vrai. un aspect moins scientiuque et académique, il faut avoner aussi qu7cllc le met, par sa plus grande dar té, à la portée de tout le monda; ainsi je déboute notre ami Villermé de sa critique. Ja voulais que Mr. Menabrea, ou Mr. Giulio me fournissent, soua le rapport de la Bcionce mathématique, où je suis im vrai profane quelques notes; mais le premier est époux, et va entrar dana aa lune de miei; le second est si obéré de travail qu'il n*a pu s'en chargor. A Mr. Plana, qui est trop paresseux, il ne faut pas y pensar; d'ailleurs il a au snjet de la statistiqne et de la doctrine des probabilités, appliquécs a celle-ci, des préventions, qui me paraissent exagérées, comma il lui axrive quelquefoia. J'ai été bien peiné de votre procès pour les cbemins de fer; pnisque Mr. de R... avait déjà été éliminé du oorps du genie, on aurait pu
1) Silvano Van do Weyer (18021874), già membro dal Congresso nazionale, ministro degli affari esteri, diplomatico di carriera. Mori a Londra, dova ora ambasciatore.