Rassegna storica del Risorgimento

DAVID PIERRE ; TALLEYRAND-P?RIGORD CHARLES MAURICE DE ; CISALPI
anno <1937>   pagina <1608>
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1608 Carlo Zughi
Co Ministre, jeunc ancore, m'n paru bien ftoid ponr un iLulicn. Sa conversa tio u est inauimée et peu feconde. Il ne laii qu'cbaucher scs idèi. Est-cc difficulié de conoep-tioiu ou réserve di pio ma tiqne? Voila ce qne je n'ai pu snvoir dans une première entro* vue, et ce que nous appreodrans par la suite. Il est virai que ce Ministre m'obscrvait, et qu'il clierchait plutòt à me faire parler qu'a parler lui meme: mais il pouvait.y mettre. il me semole, un peu plus de cct aliandoli qui mar que la franchisc, ou laisser moins apercevoir qnfil m'etudiait. En un mot (pardonnez moi l'exprcssion) je trouve qu'il a trop fait le diplomate. Voila quelques traits du Ministre eisaJpin. passous scs idecs.
Envoyc d*unc puissancc supérieure, j'ai cru devoir premi re le ton de la franchisc. et sans raanqner la oirenuspcction j "ai parie au citoyen Testi dea deux républiqucs. de leur union, de leurs destinées avec l'off usimi du seutùnent. Commeut, en cfi'ct, s'entre-tenir de si grandes choses sans s'émou voir !
- La République Cisalpine, ai-je dit. est appclce à un bicn baut degrc de gioire et de prosperité.
] Je le crois comme vous, m'a répondu le Ministre, mais elle est trop gènée dans sa marche. Nous avons de l'autre còte de l'Adige un voisin trop redoutable, trop près de nous: la maison d'Autriche est plus puissante que jamais.
J'en convien, mais laissons agir le temps et la philosophie et ce colosse s'è* cronlera sous sonpropre poids. Nous avons fait la paix avec la maison d'Autriche parce qu'il fallait isoler i'Anglcterre, parce qu'il était tems d'épargner le Bang humain; mais la philosophie n'a pas cesse d'otre en guerre contro les gouvernements despotiques: ces idées de réforrae et de libar té qui cìrculeut cu Europe sont eu quelqne sorte nos anxiliaires naturels; je regarde les nouvclles possessions qua Ton a donuées à la maison d'Autriche comme la robe dont Médéc ut préseut à sa rivale. Les peuples venitiens, aigrìs par le résultat des evéuemcnts, ont paru accueillir avec transport le gouvernement imperiai, mais le tems alfa ibi ira leurs ressentimcns et leur rap pollerà les voeux qu'ils firent, les expérances qu'ilsformèrent, l'instatit de bberte dont ils ont goutéIcs premiers, Hs ont connu nos principes, ils s'ètaient déjà familiarisés avec nos rnaxhnes. Ces souvenirs toujours chers, le contact de plusieurs peuples libres, l'esempli- de leur prosperité agi-ront plus puissamment que des armées. Alors, ce voisin que vous rodoutez, pourrait bien s'éloigner de vos froutières. Je le repéte: attendez tout du tems.
Je crois comme vous que la maison d'Autriche porte dans son sein un germe de destruction.
Soyez en persuade. D'aiUeurs qu'oserait elle contro vous, qui fàites cause co rara une avec la Franco, avec toute la confedera tion du midi de l'Europe?
J'airae à partager vos espérances. Mais, ajouta le citoyen Testi, la République Cisalpine n'est pas assez arrnndie. Le due de Parme nous gène beaucoup, il faudrait lai trouvex une place. *)
On s'en occupo depnis iongtems, mais il est diffìcile de la trouver cotte place: il l'est plus ancore de s'arranger a cot égard avec la Cour de Madrid; vous connaissez l'esprit qui la dirige: elle est ombragense, le moindre changement lui parai t un common* cerne nt de revolution. il fuut mónagor scs préjudes et a voir pitie de ses faiblesses.
i) 11 6 pluviósc (25 gennaio 1798) Talleyrand aveva proposto, in un suo rap­porto al Direttorio, di unire alla Cisalpina il Ducato di Parma. Ferdinando di Bor­bone sarebbe stato trasferito in Lombardia, o a Roma, ohe in quei giorni il Berthier si preparava ad occupare, o avrebbe ottenuto in cambio la Sardegna: Parigi, AE, Parme, 46, foL 385-891.