Rassegna storica del Risorgimento
DAVID PIERRE ; TALLEYRAND-P?RIGORD CHARLES MAURICE DE ; CISALPI
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1937
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1614
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1614 Carlo Zagfii
On a bien senti a Milan que la Dircctoire vcrrait d'un mauvais reil dea inouve-mens pareils qui n'avraient point son approbation préalable, et cótte présomption était d'autant plus fondée qu'ellc était parfaitement d'accord avec l'invitation que le general Ber tliier a recu l'ordre de faire aux Cisalpina de ne s'hniscer en aucune manière dans les agitations intérieurcs des gouvernements voisins. *) Aussi le citoyen Visconti vient-il de communiquer sur cet evènement les esplications qui lui ont été .envoyées de Man à cet égard. S'il en faut croire le ministre Tèsti- le peuple de Monte Ignoso aurait agi spontanéament, et le détachement n'aurait été envoyée sur ce temtoire que pour évtter les conséquences funestes que pouvait avoir ce mouvement. S'il faut s'en rapporter au contraire a d'autres renseignements, quelques mécon-tents du petit pays en question se sont rassemblés à Massa et de là sont entrés sur le pays Lucquois, le gouvernement de cefle-ci n'ayant voulu opposer aucune résistence de peur d'attirer des evénements factieux. Ces individus, forts de, l'inaction des auto-ritcs, sont parvenus à faire partir six babitans pour réclamer la ré union à la Cisalpine, ont piante l'arbre de la liberté et ont provoqué l'envoi de 50 grenadiers de Massa.
JQ ne s'agit point de prononcer sur la valeur de ces assertions contradictoires. Le seni fait qui mérite l'attention c'est qu'à Milan on a encouragé l'insurrection et envoyé des troupes pour la soutenir.
Il est certain que la position réciproque des États d'Italie présente quelques ìnconvenanees, que les frontières de la Cisalpine sont susceptibles d'amélioration et qu il reste beaucoup d'irrégularités dans la reparti don actuelle de cette partie de 1 Europe. Mais la Cisalpine ne doit sous aucun rapport prendre l'initiative sur la répu-blique. Aucun mouvement dans la position présente des affaires ne doit se faire que d'après l'impulsion du Directoire et son consentement à la Cisalpine de tracasser Lucques en ce moment. Le general Berthier vient d'y demander un emprunt d'un mil-lion et le citoyen Jacob 2) écrit qu'il est prét à se réaliser. L'Empereur prétend à l'immédiateté sur Lucques; comme tefle il s'intéresse à cet État, et ce qui est plus réel, comme puissance armée il peut s'offenser, plus qu'il ne nous convient, des mouvemens qui menaceraient la Toscane, ajouteraient à l'ébranlement, l'ébranlement que vient de recevoir l'Italie. On ne fait qu'indiquer ces considérations particulières et l'on revient au principe qui se trouve lese par ce qui se passe à Monte Ignoso; c'est que Voti est alle sans nous, cfaose que l'on ne doit point se permettre, que nous ne pouvons tolerer, flti'il faut mème reprimer de bonne beure. Enfin on a outrepassé une injonction précise recemment notine e par le general Berthier.
La conclusion nature! le de ce qui précède est de témoigner quelque mécouten tc-ment à la Cisalpine, de l'inviter retirer les troupes qu'elle a envoyées à Monte Ignoso, et a se conformer ponctuellement pour I'intérèt common à l'insinuation qui lui a été fai te au non du Directoire d'avoir à ne s'ùnmisccr en aucun manière dans les raouvements internes de ses voisins.
[Talleyrand].
i) L'ordine del Direttorio al Berthier è del 28 pluviòse VI (16 febbraio 1798).
2) Jean Jacob, nato a Sisteron nel 1750, dopo essere stato per quattro anni segretario d'ambasciata a Venezia, andò incaricato d'affari a Torino, dove nel dicembre 1796 negozio il trattato d'alleanza e di neutralità col Re di Sardegna. Nell'ottobre 1797 passò alla legazione di Firenze, ove rimase fino al luglio 1799. Gfr. PflHCAW, pp. 171-180.