Rassegna storica del Risorgimento
SANTAROSA, SANTORRE DE ROSSI DI ; SISMONDI, JEAN CHARLES L?ONAR
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1938
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1333
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Lettere di Santorre Santarosa al Sismondi 1333
aussi fiers et aussi éclairés que vous Pètes en general, puissent voir Icur pays prive d'indépendence réelle sans éprouver du malaise et de l'inquiétudc.
Un Italieu proscrit dans sa patrie, qui ne sait que la langue nature!le et un peu de francais et qui voudrait employer les jours de son exil à s'instruirc ne peut vivre qu'à Paris ou a Genève. A Genève les portes me sout fcrmées. A Paris on m'ouvre cellcs d'une prison. Py suis depuis près de deux mois et j'y attends sans impatience le moment où un second tribunal aura déclaré qu*on a cu tori de me mettre eu prison. Mais cnsuite. me laissera-t-on à Paris ou irai-je à Londres parler à des gens qui ne m*cntendront pas?
Il y a cinq ou six semaines que j'apprcnds Panglais et je ne saia pas encore pro-noneer corrcctement and ni ali. Je ne sais dire qu'yes. Mais cela sera moins dangeuxeux que si je ne savais dire qu'owi eu Franco où on verrà saisit tout coup un honune au collet pour lui donner le plaisir d'une couvcrsation de deux heures avec le magistrat de Police: après quoi on vous conduit honnètcìnent en prison pour votre bien. An reste, que je demcure à Paris, on que j'aille à Londres il ne me sera pas défendu de penser à Genève. Vous me permettez de vous écrirc quclquefois et de vous demander vos conseils sur ce que j'cssayerai de faire. J'ai eu le malheur de ne pas pouvoir vous con-sulter pour ma brochure sur la revolution Piemontaise. Vous savez que j'ai passe mon été et mon automne dans de petits villages afin de faire tolérer ma présence dans la partie de la Suisse d'où je ne voulais pas m'éloigncr; car j'ai toujours erre auprès de votre lac. Pai écrit la triste histoire de nos malheurs près de Monthey, à Bere ini evu, à Etivay, où j'ai appris à connaitre les Suisscs de plus près et à les aimer davantage. J'écrivais lentement, péniblcment Iorsqu'on me dit que quclqu'un de très sur partait pour Paris et se chargerait de mon manuscrit. H fallut finir et tout donner à la hàte, ;ét 1 me devint impossible d'aller à Chène vous prier de corriger mes fautes. On en a fait une seconde édition où j'ai ajouté quelques notes, et une aualyse de la constitu-tion Sicilienne, qui m'a fourni l'occasion de rappeler les déloyautés de l'homme assis sur le tròne de Naples. Je n'ai pas osé vous Penvoyer. Mais j'aurai plus de courage si je réussis à écrire quelque ebose, à quoi j'aìe pu t ravailler sans serrement de coeur. L'émotion du coeur peut quelquefois suppléer au talent, mais un coeur navré de dou-leur n'est bon a rien. Vous me traiterez comme votre compatriote. Je eraràs cepcn-dant que le Sismondi qui aida a renonveler la l'action d'Ugolin et de Nino Giudice* ne fot un peu Gibelin, et moi je suis un Guelfe bien inflexible; et si votre aleul sortali de sa tombe pour s'entretenir avec moi je lui dirais fièrement ce que Dante répondit à Farinata: S'ci far cacciati, ei tornar d'ogni parte .
Convenez qu'il faut que toute l'Italie soit Guelfe. C'est toujours la méme que-stion, mais il n'y a plus de Gibelins en Italie si ce n'est un petit nombre d'hommes désignés à Popprobre. Il s'agit de l'établissement de l'Empereur d'Allemagne en Italie dans le dixneuvième comme dans le douzième siècle. Mais le sujct me conduirait trop loin. Adien, Monsieur, vous seriez bien aimable de me donner de vos nonvelles< Vous pourriez m'écrire sous le couvert de M.. . . . . Permettez moi de vous assurer
de tonte ma recpnnaisBance et de tout mon attacheinent
S. Santa Rosa.
A Monsieur Monsieur Simondc de Sismondi
à Genève.