Rassegna storica del Risorgimento
SANTAROSA, SANTORRE DE ROSSI DI ; SISMONDI, JEAN CHARLES L?ONAR
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1938
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Giuseppe Calamari
A Bourges le 4 octobre 1822.
Je pars pour Londres aujourd'hui. Je ne in'attendais pas a cette agréable sur-prise de la part du Ministère Francala. Il est vrai que je lai ai demandò mon passe-port pour l'Angleterre d'une manière assez solennelle. Mais je croyais qu'ilrépondait à son ordinaire* par le sìlence. Au reste on me fait quitter la France avec le coeur rempli d'amertume. J'ai demandé de pouvoir aller libre à Calais, sur ma parole, et j'ai ét refusé. Votre intérèt, votre amitié m'accompagneront à Londres; j'en suis sur. S'il était possible que je vous dusse la connaissance de Bentham dont je médite depuis troia mois les ouvrages, vous ne sauri ez me faire un plus grand plaisir. Il est vrai qu'il ne sait presane pas le fran<jais m'a t*on dit. Cependant j'éprouverai toujours une grande satisfaction à approcher un nomine aussi supérieur. Et puis, je nedése-spère pas de savoir un jonr l'anglais. Je sais déjà quelque chose de plus qu'yes et j'ai employé mon été à défricher ce ebamp si fécond et si vaste. Je regrette la France malgré tous les désagréments que j'y ai éprouvés. Je crains un peu l'Angleterre. Une autre langue, d'autres moeurs, mais il faut chercher un toit hospitalier à tout prix. J ai assez erre. Je voudrais maintenant travafller. Fn relisant vos premiers volumes de 1 histoire de nos zépùbliques je me proposais de vous écrire pour vous reprocher avec tonte la colere possible un peu de prédilection pour les peuples Septentrionaux, qui à mon avis ne nous ont fait que du mal. Ce sont les souvenirs de no tre cbère vieille Rome, et les traces profondes de ses institutions qui ont fait la nouvelle Italie. L'Empire après une longue lutte l'a presque détruite, et la domination espagnole l*anrait à peu près ensevelic. J'aurais beaucoup de choses à vous dire sur toutes les grandes questiona bistoriques, mais depuis la nouvelle de mon départ pour l'Angleterre, j'ai fort peu la tète à moi. Adieu Monsieur; aimez votre compatriote et votre dévoué serviteur et ami
S. Santa Rosa.
A Monsieur Monsiexir Simonde de Sismondi
à Genève
IH.
Londres, green Cottage,
South Bank, Regent Park le 16 juin 1823.
Qnekraes semames après mon arrivée à Londres je vous ai écrit, mon digne ami* pour vous donner de mes nouvelle et vous dire combien votre bienveillante sollici-tude m'avait été utile. Mais utilité n'est pas le mot propre et exprhne bien imparfaite-ment tout le plaisir que m'avait fait éprouver l'aimablc accueil de Mr AV. Smith et de Miss Francnise sa fille, et la fronte de Sii J. Mackintosh avec qui j'ai passe a la campagne troia jonrs, que je n'oublierai de ma vie. Ma lettre ne vous en est pas par-venne. Il n'y a pas longtemps que j'en acqui la certitude et ma nouvelle preuve que Fon perd servent è chercher toujours des précautions et que la vie aimple présente encore moins de chances défavorablcs dans certaines circonstances. Quoiq'il en soit cette lettre fera bonno route j'en suis parfaitement sur.
Cest le Marquis Pucci de Florence, qui vous la remettra. Il a, je croia, l'honneur de vous connaitre, et il en est digne.
Je vous écrirai, un volume, mon aimablo ami, si j'aurai, à vous dire tout ce que je pense de l'Angleterre, Il faut peut è tre avoir vécu tonte sa vie soumis a un
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