Rassegna storica del Risorgimento
SANTAROSA, SANTORRE DE ROSSI DI ; SISMONDI, JEAN CHARLES L?ONAR
anno
<
1938
>
pagina
<
1335
>
Lettere di Santone Santarosa al Sismondi 1335
g ouvemement arbitrare, ou aux caprices d'un parti iuquiet, ombragcux et oppresse p ar Fétranger pour apprécier le bonheur d'assister sous un gouvernement legai où la liberta est solidcment garantie.
J'ai plus vu dcs Anglais que leur aristocratie importune. J'ai compris qu'fl doi-v ent désiier Famélioration de lenrs institutions, mais leurs argunients contre la con." s tìtutioTi sociale de l'Angle terre considérée sous un point de voe general ne m'ont pas convaincu, L'aristocratie anglaise est soumise aux lois. Elle gouverne, sans doutc, mais elle n'opprime point, mais elle ne saurait empccher le progrès de la société qui tend à fonare l'aristocratie naturellc avec l*aristocratie bistorique. Je peux me trom-per, mais jevous assure, rnonrespectable ami, que j'accuse la démocratie Européenne d'une grande méprise: c'est d'avoir cru pouvoir faire a la fois une guerre beureuse aa pouvoir ab sol u et à tonte espèce d'aristocratie, et d'avoir oublié que le peuple n'était pas encore démocrate. Nous payerons cber ce mouvement accéléré qu'on a voulu donner à la société en 1817 et 1818. En politiquc comme à la guerre il ne faut pas trop pousser les destinées avant d'avoir bien établi notre base d'opération.
Les Francais poussent les leurs vers Sévifle et vers l'Estremadure avec une témérité qui leur déviendrai t fatale si les Cortes étaient venus à bout d'organiser dans. le midi une armée seulement de 18 a 20 rnilles bommes. Quel nouvel et grand exemple de la faiblesse du moyen d'une nation lorsque les habitants de campagne séparent lem* cause de celle de leurs concitoyens! J'ai toujonrs déploré l'imprudence de ceux qui avant d'avoir pu donner aux paysans de grands et nouveaux intérèts matériels à défendre ont beurté leurs plus chers prejujés, ou leur plus franche croyance soit directement soit indirectcment, mais toujonrs vivement, évidemment. Les anglais sont en general, là intéressés à la cause espagnole. Les préoccupations ont commencé. Elles ne sont pas très fortes, mais elles seront nombreuses. Hy a grande gène panni les propriétaires, et depuis quelqnes mois les manufactures recommencent à manquer de débit. Au reste elle est generale cette gène, j'ose dire cette détresse, dans la pro-priété et dans le commerce. L'Italie fait pitie. La France soufe ausai beaucoup. Davide vend des étoffes au 20 p de perte depuÌB la guerre d'Espagne. Un marche loyal et sage dans le gouvernement rassurerait la confiance; mais cet espoir n'est pas permis. H n'y a pas unite de but. Si elle existait, malheur à vous; elle ne pourrait étre que fatale dans l'état actuel de l'Europe. Le Piernont va de mal en pis, mème sous le rapport de l'administration. Le bien y est toujonrs davantage la chose impossible à faire. J'ai embrassé Dal Pozzo avec un plaisir inexprimable. Son livre sur la loi des hypothèques m'a para fort et bon; peni, ètre l'anteur anrait-il dù ètre un peu plus serein en parlant des sciences da mal, de FimpossibiUté des remèdes paUiatifs.
Mais il a toujours fait une bonnc oeuvre ielle qu'elle est. Faites-moi Famitié de me donner de vos nonvelles. Je suis avec bomeur en Angleterre. La bienveillance nattrrelle, la sincerilo dcs anglais m'ont iuspirfi la plus haute estime.
Je vonsassurerai en mème temps que je ne trouve pas dans leur société un plaisir compi et. Ma nature, la tournure de mon esprit sont tont a fait dans un autrc gcnre que le genre anglais. C'est ma fante, et je n'ai noi désir dem'enplaindre. Je suis a présentpresqne retiré a la campagne quoique très près de Londres, et j'espère pouvoirtravailler un peu.
Adien, mon Sismondi. Daigncz croire que ma recoimaissance et mon attache-ment pour vous ne finiront qu'aveo ma vie
Santone Santa Rosa.
Mr. Sismondi
à Genève.