Rassegna storica del Risorgimento

SANTAROSA, SANTORRE DE ROSSI DI ; SISMONDI, JEAN CHARLES L?ONAR
anno <1938>   pagina <1336>
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Giuseppe Calamari
IV.
Nottingham, le 20 Juillet 1824.
Je n'ai paa besoin de vous dire, mon bien et cher ami, tout le plaisir que m'a fait votre dernièrc lettre. La personne qui devait me la remettre ayant retardé son voyage a Londres me l'a adressée avec tm obligeant billet. Lors de son arrivée j'étais déjà parti, et je n'ai pu avoir le plaisir de faire sa connaissancc Miss Lady Sitimeli, qui a Phonneur de connaitre Madame Sismondi et qui sera heureuse de vous connaitre, vous remettra cette lettre ci. Elle va faire une course en Italie, et je regrette que ce ne soit qu'une course. Pour ce qu'elle sait de notre 1 angue, de nutre littératnxe et de notre histoire je crois tout à fait digne de visitermon Italie a in si qu'elle doit Tètre. Je suis sur que vous ferez sa connaissance avec beaucoup de plaisir ainsi que celle de Mr. Smith Wright, son mari à l'amitié duqucl je dois beaucoup. Me voici, mon aimable ami, dans une ville de province pour y gagner mon pain car je ne yeux pas que mon pain d'exil sappia di sale; et pour cela dans ma situation il faut que je fasse ce que je fais. Loin cependant de rcnoncer à des travaux Iittéraires je m'occupe plus que jamais dans nos jours de loisir de l'étude de l'histoire.
Depuis deux mois environ je vis en socie té babi lucile avec vous. Neuf fois sur dix, m'unìfiant à vos pensées; de temps à autre me mettant un peu en colere contro vous et cela surtout lorsque vous traitez avec indulgence le système féodal, qui ne représente a mes yeux que la force brutale de l'honune. Mais ceci m'entrainerait trop loin. J'apprends à connaitre mieux l'Angleterre en vivant dans une ville de province; j'y ai des connaissanc.es ainsi intim.es pour e tre à la portée de me former des idées justes et detaillées sur plusieurs faits de la société anglaise. Plus je vis en Angleterre et plus j'ai des motifs d'estimer le caractère national; si les institutions ont forme ce caractère c'est un bien grand éloge à leur donner. Gepedant vous le dirai-je? l'ensem-Me des lois politiques eiviles et criminelles est très loia de ce que je désirerais à mon pays. Ce cher pays est toujours présent à ma pensée. Je ne peux suppoxter l'idée d'en è tre exilé pour toujours, et cependant je ne vois aucune espérance d'y rentrer avec honneur et dignité. Cette situation de Panie est pénible, monsieur, mais elle l'est bien moine que les remords. De ceux-ci je n'en ai point.
Je me fais toujours des reproches sur les erreurs de ma courte carrière politique; je me représente de vingt manières tous les partis que j'aurais pu prendre dans. nos circonstances dillicilcs et qui auraient pu amener des resultats moins déplorables; mais je saie que je n'ai rien fait ni rien omis par crainte, ni par intéret, ni ma conscience morale est tranquille au milieu des agitations de ma conscience politique.
Monsieur Dal Pozzo m'écrit de temps en temps. Nous nous voyions très souvent lorsque j'étais a Londres. Il travaìlle beaucoup. Or pourquoi cet homme ne vient-il pas a sa place? Veuillez bien, Monsieur, me donner de vos nouvelles et de celui de Genève sous le xapport politique et pnilosophique Europécn. Adressez-moi la lettre sous le couvcrt de Mr. Crackle, Parliamcut. Struz. Nottingham, pour plus de sùreté si vous vous servez de la poste. Conservez-moi votre amitié. C'est une des compensa* tions dea pertes que j'ai éprouvécs c'est une de plus grandes je vous le dis du plus profond de mon coeur. J'espère pouvoìr vous parler dans 5 ou 6 mois de quelquc tra-vail au moins commencé. Encourngcz~moi à travailler de gràce. L'exil me tucra si je ne tra vaille point. Je croie au genie et je le respccte; mais je crois encore plus au travail.
Adieu, mon aimable et digne ami.
Santorre Santa Rosa.