Rassegna storica del Risorgimento

"EUROPE CENTRALE"; FEZY JAMES ; SVIZZERA ; MAZZINI GIUSEPPE ; GI
anno <1939>   pagina <974>
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Giovanni Fermiti
s'cxprimant aitisi n'est-cc pas incuter ce pouplc qui n'y pcnsait pas, et qui sona cesse excité par les arisi ocra ti*s déchus, n'a ait besoin que d'un nouvcl encourageraent pour réerimi ner contri* cux, n'est-cc pas Ics designer fi la baine, et dire vaila dea Polonais ! courrez sua! C'cst borrii ili- de VOÌr l'Europe acharnée contri une poignée de proserits qui n'on t plus un seni coin sur la terre où dormir tranquillcs.
Conuncnt Berne ne sent-il pas que sou propre salut est attaché au leur, ne se souient-il pas qu'cux aussi ont peri par des conccssions semblables à celles auxquclles il s'abandonne. Si Ics Polonais avaicnt tout de suite porte la revolution en Lithuanie, ils seraien t encore dcbmi I : mais se laissant cn velopper dans Ics filcts de la diplomatie et cn se confinati! dans une étroite nationalilé, ils ont dù succoniber. La mdine faute a été commise par les révolntionnaires des états romains, de Modène et de Parme, qui devaient faire immédiatement appel à tonte l'Italie. '' Il faut bieu s'en convaincre, la cause de la liberté est une cause de foi, et non de nationalité. Quiconquc ne s'appuie pas sur tous ses frères de la méme communion doit tomber.
Nous pardonnons aux gouvernements aristocratiques, corame celui de Genève, de proscrire des réfugiés politiques d'une autre nuance que la sienne, mais non pas à ceux qui s'appuicnt sur l'élémcnt démocratique, ceux là quand ils chassent ou perse-cntent, se rcnient eux mémes et portent fi la cause un coup bien plus sensible.
Que Berne, dans son orgueil, ne s'imagìnc pas étre quelque ebose par sa force matérielle, il n'a quelque puissance que par la force morale que les réfugies communi-quent hors de chez mi. Avec eux, s'il est attaqué, il verrà surgir en safaveur la sympa-thie de tous les peuples; sans eux, il tomberasans que sa chute cause la moindre émotion.
Les ambassadeurs sont les raaìtres ici corame ailleurs; Rumigny poursuit à Berne le fantome révolnlionnaire, comme Vordre des choses le fait en France. 11 proteste, il est vrai, que la France ne busserà pas attaquer la Suisse, mais quelle Suisse? Est-ce la Suisse làche, servile et aristocratiqne, ou la Suisse énergique, vivace et aniraée de l'esprit de 1830? S'il s'agìt de la première, on n'a que faire de sa protection: comme que l'on fasse, cctte Suisse là ne sera jamais francai se, mais au tri chi enne ! qua ut a la seconde, le meilleur moyen de l'assister, c'est de la laisser maitresse chez elle, et libre de s'abandoner à ses sympathics et de vivre suivant ses goùts et ses moeurs.
La condition des Italiens à Berne est pire encore que celle des Polonais; on ne leur adresse point de sontmationt mais on leur expédie de temps en temps l'orare de vider le Canton dans les vingtquatrc heures. On les renvoie fi Genève d'où ils sont repoussés! Ils n'ont pas de pernii pour la France, et on ne leur acordc point de passe-ports pour la Belgique ; on leur refuso Ics subsides ofTcrts aux Polonais pour traverser la France; Berne n'a point intercéde pour eux ; ils sont abandonés de tout le monde.
VoUa fi quoi se reduit, dans l'exécution, le fameux arréte du 12 mare; si c'cst avec la méme sincerile que Berne coni p te appuyer le dévtfloppenient des insti tu lions fé"dé-rales, nous ne conseillerons fi aueun.Suisse de se fier fi cevovort inorai: inicnx vaut un frane ennemi qu'un lei ami.
Chiunque abbia presente l'opuscolo mazziniano Ih sont partis che vide la luce un paio di mesi più. tardi a Losanna, 2) non tarderà a riconoscere in questa letteraarticolo la medesima mano. L'occasione
t) Questa considerazione è caratteristica del Mazzini, che appunto in essa trovò ano dei fondamenti del suo pensiero unitario.
') Riprodotto nell'edizione nazionale, Politica, 111, pp. 91117.