Rassegna storica del Risorgimento

SARDEGNA (REGNO DI)
anno <1942>   pagina <199>
immagine non disponibile

La vertenza franco-sarda per Tunisi (1843-1844) 199
Fregate s'avisait de tire* des coups de canon, elle serait immédiatement coulée bas. M. Guizot m'a fait observer que, dans l'intérèt de la conservatici} et de la civilisation de sa Colonie de l'Algerie, la France doit s'opposer à tout acte qui soit de nature à exciter dans cette contrée le fanatisme Musulman, con tre le quel elle ne cesse de 1 ut-ter énergiquement depuis la conquéte: que des hostilités entre une Puissance cbrétienne et le Bey de Tunis pourraient facilement entrainer cette conséquence, surtout pour la Province limitropbe de Constantine, qui en ce moment est tranquille: que dès lors, le Cabinet francais ne pourrait pas rcster spectateur indiffcrent d'une telle guerre: que déjà le Roi des Francais a fait offrir au Nòtre sa médiation officicuse pour faciliter un arrangement amiable, en promettant de peser sur le Bey pour qu'il aceorde à la Sardaigne la réparation qui lui est due: qu'on a répondu à cette offre d'une manière polio, mais evasive: que ccpendant, s'il convenait aujourd'hui au Roi de l'accepter, le Cabinet francais serait toujonrs dispose la réaliser, et qu'il userait de tonte son influence pour amener le Bey à la raison: qu'il reconnait, au reste, n'avoir aucun droit de s'immiscer dans notre querelle, et qu'il ne le fera pas, à moina que la Porte ne s'en mèle de son coté; car sa politique ne lui permettrait pas de souffrir que le regime de Tunis fut changé et que le régence de Tunis devìnt, comme naguère celle de Tripoli, une Province de l'Empire Ottoman.
Je n'ai pas cru devoir pour le moment me permettre d'observations sur ce discours de M. Guizot. Je me suis borné à lui dire que, d'après ma correspondance, j'avaia lieu d'espérer que Notre discussion avec le Bey de Tunis ne tournerait pas aussi sérieu-sement qu'il semblait le prévoir, et que je croyais pouvoir affirmcr que nous n'avions aucunement cberché l'intervention de la Porte, pour contraindre ce Bey à Nous donner satisfaction. J'ai termine en repétant que je me rendrais ce soir chez le Roi. Je renvoi donc, Monsieur le Comte, à demain le récit de ce que S. M. m'aura dit sur
le méme snjet.
Brignole. a. S. E. M.r le Comte Solar de la Marguerite.

N. 187.
Paris le 8 Mars 1844. Monsieur le Comte,
... Maintenant je vais essayer de rendre à V. E. un compte succint, mais exact et fidèle, de l'entretien que j'ai eu avec ce Monarque, entretien qui a dure environ cinq quart d'heuxe.
Le Roi a commcncé par me dire que, aussitòt que la nouvelle des contestations surgies entre notre Cour et le Bey de Tunis, et du départ de notre Consul qui en fot bientòt la conséquence, lui est parvenue, Il avait cru, à ti tre de bon parent et dans le but de donner à Notre Auguste Souverain un témoignagc d'affection et d'intérct, offrir a S. M. sa médiation officieuse pour l'arrangement de ce différend. Que sa pre­mière insinnation ayant été decliuée, Il s'était impose le silence sur cette affaire dans l'espoir et dans le désir que notre Cour parvìnt, elle méme, à terminer directement et à l'amiablc les discussions, dont il s'agit. Que plus tard, ayant appris par la voix publique, par de articlcs de journaux et par des informations de ses Agens que notre querelle, ìoin de s'appaiser, prcnait de jour en jour caractère plus grave; que des arme-menta maritimes se faisaient à Genes; qu'on préparait des lmtiinens de transport et des troupcB de débarquement; que d'antro part le Bey, alarmé de ces preparatila, s'ap-pi et aita assi aladéfcnsc; qu'il faisait en di ver endroits des approvisionnements dispen-dieux; qu'il s'efforcait, par ses disco urs et par ses proclamations, d'animer ses sujets a une résistance vigourense; Il avait pensé dans l'intérèt du maintien de la paix et de l'éloigneiuent de toute complication politique facheuse, que le moment était verni, de renouveler auprès de Notre Cabinet dea propositions d'une intervention amicale,