Rassegna storica del Risorgimento

SARDEGNA (REGNO DI)
anno <1942>   pagina <200>
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200 Eugenio Passamonti
intcrvcntion dont il Se prometta it un rcaultat aussi prompt qne satisfaisant ponr Notte
dignité: mais quo la réponse de Votrc Excellcnce à ceite nouvelle proposition, quoiquc
faite en termos très polis, n'en a pas moins étfi evasive et nfa montré de notte part
anemie disposttion à nous entendre avec le Cabinet francais. Que, plns d'une foia, H
avait en le désir de me parler de cettc affaire, mais qu'il a*en était toujours abstenu
voyant que moi memo je ne Lui en avais jamais dit un mot. Que cependant la com-
munication de la Porte Ottomane (dont Votre Exccllence m'a entretenu dans sa dépé-
che N. 1819) étant parvcnue sur ces cntrefaites à sa connaissancc, Il n'a pas cru devoir
différcr davantagc à s'expliquer avec moi sur un sujet, auquel H ne Lui était pas possi-
ble de ne pas attacher une grande importance: qu'R le ferait nettement et avec une
grande francióse; mais que tonte ibis H me demandait de regarder cettc communiea-
tion comme pnrement confidcnt.iclle et officieusc, voulant éviter, autant qu'D le ponr-
rait, d'en venir avec Notre Cour à des déclarations officielles dans une matière qui
pourrait offrir des points, peu agréables l'une comme à l'autre partic.
Là dessus le Roi m'a répété à peu près ce que m'avait dit, la velile, M.r Guizot, et dont j'ai informe V. E. par ma dépécbe d'hicr, sur la rfisolution par Lui adoptée irrévoqnablement, d'empècher la Porte par touslcs moyens (caini de la force non exclus en cas d'insufnsance des autres) de s'immiscer militairement dans les affaires de Tunis. S. M. a senlement ajouté que c'était là, en quelqne sorte, un engagement contraete par Elle avec l'Angleterre: que dès les premiers temps de son règne, le Cabinet de Lon-dres avait signifié an Sien qu'il ne souffrirait de la part de la France, et sons aucun preteste, la moindre entreprise contre Tunis, et que le Cabinet francais avait répondn Nous ne toneberons pas à Tunis, mais Nous ne souurirons pas non plus que per-sonne y touche. Il s'ensuit de là, poursivait le Roi, que non senlement Nous avons prie l'engagement de repousscr les forces ottoni anes, qu'on s'aviserait d'envoyer de vani Tunis, mais que Nous Nous sommes également obligés d'éloigner des cótes de cotte Hégence tons autres bàtimens de guerre, à quelqne Nation qu'ils appartiennent, qui voudraient y tenter une entreprise militaire. En d'autres mots, la France, dans l'inté-xdt de Ses possessions voisines, exige et a le droit d'exiger, non senlement, le maintien dn statu quo pour ce qui concerne la forme du Gouvernement, mais aussi celui de la tranqnillité et de la paix dans la Régence de Tunis.
Votre Majesté, répondisjc, me permettra de Lui dire, que je ne puis pas me résoudre à penser qu'Elle ait voulu entendre, par ces mots, qu'il soit libre an Bey de Tunis d'offenser à son gre une Puissance étrangère, et qu'il soit par contre interdit à celleci, de par la volonté de la France, de prendre satisfaction d'un tei affront Non certe, s'est écrié immédiatement le Roi, et je porte lespect plus que qui ce soit Pindépendance du Roi de Sardaigne et à tons les droits qui en découlent. Mais je ne puis pas, non plus, oublier que Je suis avant tout Roi des Francais, que l'Algerie est une colonie Franeaise, et que la conscrvation de cette colonie M'impose des devoirs, de l'accomplissement des quels je ne puis pas M'aJTranchir. Ces devoirs n'existeraient pas sans doute si l'Algerie n'appartenait pas à la France. An reste je conviens plei-nement que, si le Bey a outragé Votre Roi, il Lui doit une réparation, et cette répa-ration Je crois qu'il eut été facile, qu'il ne serait méme pas difficile en ce moment cucete de l'obtenir, si vous conscntiez à ce qu'elle fùt demandée au Bey par mon Gou­vernement. Je répète que Votre Souvcrain aurait, dans Mon opinion, bien fait de s'adresser à Moi pour arrivet à ce résultat, on au moins d'accepter l'intervention amicale que Je Lui ai proposée. Mais ne voulant pas la Mienne, H aurait pu tout de méme réclamcr on accepter la médiation de l'Angleterre ou de l'Autriche on de tonte autre Grande Puissance eutopéenne, sauf la Turquie, à la quelle pourtant Je sais que Vous Vous étes adressés. J'a uraia trouvé cela tout à fait naturai: mais Je regrette de devoir Vous le dite encore, nne tentativo de chfitimcnt directe dn Bey, effectuéc aux portcB, pour ainsi dite, de l'Algerie, ne saurait étre tolérée par la France en ce qu'elle aurait nécessairement ponr conséquence de reveiUer le fanatisme Musulman et