Rassegna storica del Risorgimento
SARDEGNA (REGNO DI)
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1942
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202
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202 Eugenio Passamonti
Monsieur le Comtc, Parifl le U Mars 184*'
Avant hier au soir, jour ordinaire de reception de M.r Guizot, ce Ministre me demanda si j'avaia va le Roi et si S. M. m'avait parie de l'Affaire de Tnnis. Je Ini répondis Otri, et fort longncment Alors M. Gnizot répondit Le Roi vous a dit sans donte beaucoup plus de choses que moi: il en est méme pcu-étre que je ne vous anrais pas dites, encofe moins ccritcs. Mais je n'hésiterai pas à vous décla-rerque tout ce que le Roi vous a dit, est parfaiteinent exaet ; expression que je dna traduire ainsi en moimème. Tout ce quo vous a dit le Roi est précisémente la pensée de Son Cabinet M.r Gnizot me demanda si j'avais rapportò complètement à Ma Conr ma conversation avec S. M. Je lépondis que oidi mais nous fumea alors in terroni -pus par d'antres arrivans. Cependaht ces' paroles du Ministre me parureut assez graves pour m'autoriser lui en demander une explication un pen développée et nous convinrues que je xetournerais cnez Ini bici matin.
Cest ce que jc fis cffectivemehte vers onze heures. Mr. Guizot me fit entrer à l'instant dans son Cabinet. Je lui dis que, d'après son discours de la velile, et celni que j'avais entendu de la bouche de son Souverain, ce que j'avais en l'honneur de répondre à S. M., étaìt ce que j'avais écrit ensuite à Votre Excellence. Après m'avoir éconté il me dit que j'avais bien saisi et exactement zendu la pensée du Roi des Francois et de son Cabinet. J'ajoutai que le Gouvernemcnt franeais était d'autant moins fonde à se formaliser de ce que nous avions décliné sa médiation, qu'il était absolument fanx que nous eùssions accepté pareille offre de la part d'une autre Puis-sance quelconque, et que je le priais de vouloir bien rectifier, à cct égard, Perreur où est tombe le Roi Louis Philippe qui, malgré mes dénégations, m'avait soutenn que la déclaratìon de la Porte avait en lieu a la suite et était comme une réponse d'une note à Elle adressée par M.* Pareto. En ce qui concerne l'Angleterre, je racontai som-mairement à M. Guizot ce que Votre Excellence m'a mandé par sa dépSche N 1829 au snjet de l'offre faite par Lord Aberdeen d'ordonner au Consul bri tannique à Tnnis d'agir auprès du Bey pour le déternriner à nous donner une réparation, offre non demandée par le Roi et dont, par conséquent, le résultat, quel qu'il fut, ne pourrait lier aucunement S. M. M. Guizot m'avoua qu'effectivement, ce que je venais de Ini dire reìatìvement à la spontaneité de la déclaratìon de la Porte, et méme à la nature de la démaxche, dont s'était cnargé Lord Aberdeen auprès du Bey de Tunis, était conforme aux rapporta qu'il avait recus de son coté; et il me promit de parler au Roi pour le détromper à cet égard.
Il me dit ensuite, en ajoutant qu'il espérait que je l'avais bien elairement consigné dans mon rapport, que la France ne conteste nullement au Roi de Sardaigne le droit de Se faire rendre raison par les armes d'une insuite on d'une violation de traité de la -part du Bey de Tnnis: que professer une doctrine contraire ce serait porter atteinte à Tindépendance d'un Sonverain avec le quel elle veut, conatamment, maintenir de bonnes relations. Mais qu'à coté de ce droit évidemment incontestable, il en est d'antres pour la Franco Elle méme, anxquels Elle ni doit, ni ne pcut renoncer. Ces sont les droits spéciaaxrésul tants de la contigui té de sa Colonie d'Algerie avec la Régence de Tnnis: que la conservation paisible de certe colonie, et principalcment de la Province de Constantine, exige impériensement que le stata quo dans la Régence ne soit pas altere: que c'est dans ce sens que le Cabinet frangala a'est toujours expliqué avec celni de S. M. B. a Poccasion des soupeons manifestéa plus d'une foia, par ce dernier, sur des prétendns projets de compiete de la part de la France sur le territoiro tutrisien: qu'nne agresaion contro ce territoire pourrait entrainer la France dans la necessitò d*y faire entrer des troupea, et que c'est ce qu'elle vent absolument éviter. Que, aoua ce rapport, Tania est envers la France dana une position tont a fait analogue à celle de la Belgique. Que bien certainement la France ne méconnait pas le droit qu'aurait le Roi de Pruaae, dana lliypotheae d'une rupture entro Lai et le Roi dea Belges, de