Rassegna storica del Risorgimento
SARDEGNA (REGNO DI)
anno
<
1942
>
pagina
<
203
>
La vertenza fianco-sarda per Tunisi (1843-1844) 203
faire la guerre à ce Prince et d'envahir militairemcnt ses États: mais que cependant la France ne pourrait pas soufir une telle invasion, et qu'Elle l'empécherait mème de vive force; car une guerre alhmée en Bclgique ménacerait la France, ou, da moina, deviendrait inunédiatement et inévìtablement le signal d'une grave commotion poli-tique dans son sein. Que plus le Eoi des Francais est ferme dans le principe adopté d'employer toute son influence à maintenir l'état de paix heureuscnient existant en Europe, plus II est décide, par la méme raison, à prevenir tont événement de nature à le forcer de rompre cet état de paix.
Dans Fentretien, qui forme le sujet de cette dépèche, M. le Ministre dea Aflaires étrangères m'a renouvelé l'offre de faire entendre raison au Bey, en répétant sa phrase qn'il peserait sur ce chef, pour qu'il accordo à Notre Souverain la réparation, qu'il est en droit de prétendre. Je dois dire que le ton de M. Guizot dans cette conversation ne m'a pas Iaissé de donter sur la sincerile de son désir de contribucr à un arrangement pleinement satisfai san t pour Nona; et qu'eu general il a montré dans son lan-gage moina de préocupations, de méfiance et, j'oaerai dire, plus de bonhomie que Finterlocuteur dont j'ai rapportò les paroles dans ma dépèche N. 187.
Il m'a ausai para très dispose a s'entendre avec Nous pour que, ai nous acceptona Fintervention amicale de la France, tout se passe et se termine d'une manière non seulémeat utile matériellement, autant que possibìe, à nos intéréts, mais aussi parfai-tement honorable et nullement blessante pour la dignité de Notre Cour...
À S. E. M. le O Solar de la Marguerite. Brignole.
N. 204.
Paris le 20 Mara 1844. Monsieur le Coxnte,
... S. M. a tont de suite abordé le sujet de Tums, mais cette fois, je dois le dire, avec un air beaucoup plus bienveillant et plus calme. Elle m'a dit qu'Elle voyait avec plaisir que nos différends allaient étre aplainis moyennant Fintervention Anglaise, car Elle ne doutait pas que cette intervention n'aboutit à un resultai satisfaisant pour la dignité de notre Cour; qu'Elle en était d'autant plus contente, et qu'Elle ai mail d'autant plus à me le dire, que ce resulta t excluait toutes suites fàcbeuses qu'au-raient pu avoir, malgré Elle et sana la moindre mauvaise volonté de sa part, quel-ques pbrases de Son dernier entretien avec moi, qui avaient été peut-ètre trop vives." Le Boi a ajouté qu'B avait pris connaissance de la dépèche qui m'a été adressée par Votre Exceìlcnce, que, tout en applaudissant aux principes que cette dépèche établit, aux nobles sentimens d'indépendance qu'elle respire, Il ne pouvait s'empécher de remarquer que, vù. la eirconstance de la proximité de l'Algerie avec la Bégence de Tunis, il eùt été convenable et conforme aux bons rapporta existants entre la France et la Sardaigne, rapporta que Fune et Fautre tiennent sana doute à maintenir et à affermir, de ne faire aucune démonstration hostile envers le Bey sana en prevenir le Cabinet dea Tuilerica et essayer de pervenir, au moyen de son entremise, à un arrangement amicai. Que très certainement la Sardaigne a le droit de prendre directement du Bey, par la forces des armes, la satisfaction qu'Elle croit lui ótre due: mais que cependant on n'entreprend jamnis une guerre sana en informer ses amis. Que les Puis-sances mème de premier ordre suivent cet usage, sana croire pour cela que leurs droits de souveraineté indépendante soient lésés. Que quand il s'est agi de menacer la Porte, de coznbattre sa flotte, si elle se préaentait devant Tunis, la France en a prévenu le Gouvernement Anglais: que la Bestauration en fit autant à l'epoque où elle decida l'attaque contro Alger. Que cette entente entre Puiasances amica est plus que jamais nécessaire aujourd'bui, où il serait presone impossible qn'une guerre, éclatant entre deux Puiasances, reatàt longtempB ainsi cixeonacrite, mais que nécessairement elle ne