Rassegna storica del Risorgimento

SARDEGNA (REGNO DI)
anno <1942>   pagina <205>
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La vertenza francosarda per Tunisi (1843-1844) 205
Colonie voisiue avait depuis créé dans le nord de VAfrique dea intérèts frati?ais qu'on aurait bien fait de ne pas oublicr: que cependant II n'elevait à cet égard aucune plainte: que son but était avaut tout le rnaintien de la paix, et que, si l'intervention anglaise contribuait mieux que la Francai se à l'accomplir. Il était bien contcnt qu'on Lui eùt donne la préférence.
Le Boi a ajouté que maintenant, que l'affaire avait pris cette tournure rassurante, Il ne m'en parlerait plus; que seulement U se permettait encore une fois de me faire observer qu'à l'epoque où uous vivons, il ne doit pas étre perrnis à deux Puissances quelqu'elles soicnt, grandes, moyennes ou petites, de faire la guerre entr'elles, sana auparavant consultcr les Cabinets arois, et invoquer, ou da moins accepter leurs bons offices. Non certes qu'elles n'en aient pas le droit, rigoureusement parlant, mais parce qu'il est impossible, on da moins très difficile aujourd'hui. qu'une guerre allumée entro deux Etats ne produise, tòt ou tard, une conflagration plus étendue. Et le premier devoir de tout souverain étant d'éviter d'altérer la paix des autres pays, il s'ensuit qu'on n'est moralement libre de recourir à la voie des armes, mème pour venger des affronts recus, qu'à la derni ère extrémité, après avoir vainement épuisé, directement et par l'interven­tion. de ses amis, tous les moyens de concilia tion, compatibles avec sa propre dignité.
Je ne pouvais pas étre, en cela, tout à fait de l'avis de S. M. et ses paroles me parais -eaient trahir, malgré Elle, un léger reste de rancune que je desirais pouvoir dissiper. Aussi Lui aije fait respectueusement sentir que je regrettais de ne pas partager, quan t au principe, l'opinion par Elle emise: qu'un Souverain indépendant ne doit à aucun rendre compte de ses propres actes ni avant, ni après leur exécution, à moins d'y étre He par des Traités: que je ne disconvenais pourtant pas que dans certains cas, et notam-ment dans celai d'une contestation grave et pouvant amener une rupture, il ne faut omettre aucun effort pour prevenir, s'ìl est possible, ce fàcheux resultati que des comnnmications préalables avec les Puissances amies peuvent contribuer quelque fois à Fempèchcr, et qu'il est alors non seulement convenable, mais utile de les faire: que nous n'avions, pourtant pas, quant à nous, nous reproeber d'avoir negligé ce moyen envers la France, puisque, tout en déclinant son offre de mèdia tion, nous ne lui a vions jamais fait un mystère de l'objet de notre querelle avec le Bey de Tunis, de son origine, de ses diverses pbases, des incidents auxqaels elle avait progressivement donne lieu; mais que nous ne pouvions, ni ne devions pas, pour cela, nous croìre obligés de suivre le conscil da Cabinet francais, que nous n'avions pas demandé, sana toutefois cesser de souhaiter de maintenir avec lui des relations amicales.
Louis Philippe n'a rieu répflqué de remarquable à ces observations. B s'est borné à répeter qu'il espérait de pouvoir désortnais regarder cette affaire comme finie. B m'a dit ensui te que ce qui le préoccape le plus en ce moment, c'est le br ui t répandu, d'un
voyagc que le Dnc de Bordeaux voudrait faire en Suisse...
Brignole, À S. E. M. le Comte Solar de la Marguerite.
N. 221.
Paris le 2 AvrU 1844.
Monsicur le Comte,
Hier au soir, à l'occasion d'une visite de félicitation, que j'étais alle faire àL. L. M. M. et à la Fomille B> pour la naissance du petit Prince de Saxe Cobourg, le Boi m'a parie d'une dépSchc de M. de Mareuil qu'B avait Ine la veille, et dans la quelle il était rendu compte d'un entretien de ce Chargé d'Affaires avec V. E. relatif à l'affaire de Tunis. D'après ce rapport, vons auriez, Monsieur le Comte, exprimé la pensée que le Gouvernement francais méconnait, implicitement dn moine, le droit appartenant à votxe Auguste Monarque, comme a tout autre Souverain indépendant, d'obtenir, par la voie des armes, du Bey de Tunis la réparation à l'infraction dn traité par Lui