Rassegna storica del Risorgimento

SARDEGNA (REGNO DI)
anno <1942>   pagina <206>
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206 Eugenio Passomontì
commise qu'il nous refuserait à l'amiable. Le Boi Louis Philippe m'a rfipété que ni Lai, ni Son Cabinet n'ont jamais conteste, ni ne contestcront jamais ce droit ; mais que cette reconnaissance de droit, formelle, absolue, et sans arrière pensée, ne doit pourtant prèjndicier en rien d'autrcs dcoits que la nécessité de la conservation de l'Algerie petit feire naìtre éventuellement pour la France. Que la France n'entend pas du tout, en cas de rupture cntre la Sardaigne et le Bey, prendre fait et cause pour ce dcrnier, conune parait Pavoir déelaré la Porte: mais que le manticn du Statu quo dans la Bégence de Tunis est indispensable pour la tranquiUité des possessions francaises voisines. Que,par conséquent, conune il est certain, que cette préten due assistance promise au Bey par la Porte n'est, au fond, dans la pensée de celleci, que la jeu du chat avec le sauri, et cache indubitablement le déssein d'un changcmcnt dans l'ordre des choses établi à Tunis, il est possible qu'une agression Sarde contre cotte ville ou son lerritoire, tout irréprochable qu'cllc serait évidemment sous le rapport du stricte droit, contrai-gnit pourtant la France (bien décidée à ne souscrirc en aucune manière au dit change-ment, à s*y opposer méme, au bcsoin, par la force) à des mesures contraires à nos intéréts; ainsi le Cabinet fran<*ais. voulant avant tout maintcnir lea bons rapporta que lient notrc pays au vótre, a cru devoir Vous faire des Communications et des observa-tions amicales, dans le scul bui de prevenir tonte coUision pouvant éventuellement résulter de l'exercice simullané de no tre droit et de celui, qui lui appartient à lui-m ème non moins incontestablement. Qne, d'après les rapporta venus d'Afrique, le Bey de Tunis est de plus en plus épouvanté; qu'il a appelé à son secours les tribus nomades; que des navires de guerre tnres sont stationnés à Tripoli tout préts à accourir sur la còte voisinc: que le fanatisme musulman se réveiUe et s'exalte dans ces contrées, et que la situation est telle que, à moins que la contestation ne se termine au plus tòt par Pentremise de PAngleterre; on que nous ne retirions notrc Escadre afin d'erdever à la Porte tout prètexte d'intervenir, le Gouvcrnemeut francais sera obligé d'envoyer, en attendant, sur les eaux de la Régence deux vaisseaux pour observer les mouvements des bàtimens de guerre ottomans et des nótres. et pour veiller aux intéréts de la France. Le Boi m'a temi ce discours en plein salon, au milieu d'une huitaine de personnes, qui vraisemblement ont compris de quoi il s'agissait, sans toutefois cntendre (au moins je Pespère) les paroles de S. M. Le lieu et le moment ne me semblaient pas opportuns pour engager une discussion. Je n'avais, au surplus, que pcu de choses à dire, et je m'y suis borné. J'ai d'abord fait observer au Boi qu'il n'était pas étonnant que le rapport exacte, par moi transmis à Votre Exccllence de notre premier entretien, L'eùt engagé à s'expliquer nettement avec M.r de Mareuil sin* Ics droits inhérens à la souveraineté du Boi, droits qu'aucune Puissance indépendante ne peut et ne veut jamais abdiquer: que de méme que Nous demandions le respect à nos droits, nous respectons sans doute les droits des autres; mais qu'actuellement, sans eutrer dans l'examen de la nature et de Pétcndue de ceux dont S. M. venait de me parler, et quoique jaloux aussi de conserver les licns d'amitié qui nous unissent à la France, nous regar-dions la question présente comme réduite, quant Nous, à des termes très simples. Le Bey de Tunis a viole un traité par lui signé avec notre Souverain. Notre Souverain a le droit d'en exiger la zéparation. Si cette réparation n'est pas accordée à la suite de nos représentations amicales, le Boi a le droit incontestable de contraindre le Bey à la Lui donner. Je me suis hàté d'ajouter que tout nous porte cependant a assurer qu'il ne nous sera pas nécessaire d'avoir recours à ce dcrnier moyen; que le Bey ne tarderà probablement pas a céder, que peut-ètre méme il a deja cède, à l'heure qu'il est, au conseil que lui a donne lo Gouvern.* Anglais de xeconnaìtre son tort et de le réparcr * -par une satisfaction convenable; qu'en conséquence j'aimais à pensar que le Boi jugerait absolumcnt superflu Penvoi de deux vaisseaux, dont B m'avait annoncé la probabiUté...
Brignoli
À S. E. M. le Corate Solar de la Marguerite.