Rassegna storica del Risorgimento
1848-1849 ; LIEDEKERKE DE BEAUFORT (DE) AUGUSTE ; REPUBBLICA RO
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Alberto M. Ghisalberti
N. 378. Molo-de-Gaete, le 11 JniHet 1849
(Voie de Naples et de Marseille)
Monaieur le Ministre,
Quelques obstacles matérìels ayant retardé mon départ ponr Naples, qui n'aura lieu que ce soir, je profite de cette circonstance afin de piacer sous les yeux de Votrc ExccHence le texte francais de troia nouvelles dispositaons de Monaieur les general enchef Ondinot, qui, dans le moment, ainsi que le porte sa proclamation du 4 cou-rant, a concentré en lui tona les ponvoirs.
Par la première il ordonne la dissolution de la garde nationale de Rome, dont la composition actueUe, pax suite de éléments qu'on y avait introduits pour s'assurer de son appai, n'ofait plus, en effet aucune garantie dans l'intérét du maintien de I*ordre.
Le mème arrèté parie de l'organisation prochaine de cette garde; pour mon compte je me permets d'en douter beaucoup, surtout si cettc mcsure n'a pas été effectuée avant rarrivée da ou des conónissaires pontìficaux puisque dans mon voislnage l'on mani* feste clairement nne aversi on deci dèe contre une istitution avec laquelle, ajoute-t-on, il est impossible de gouverner; et assnrément si l'on consulte a ce sujet un auguste hóte, il ne fera que fortifier dans cette idée, lui qui sans ette arrèté par aucune considera tion constitutionnelle, a, d'un trait de piume, supplirne et fait désarmer la sienne d'un bout de ses Etats à l'antro. H est vrai qu'ici le fameux statut fondamenta! de l'an-née dernière y est depuis longtemps passe à la conditìon de lettre morte; que les con tribùtions s'y percoivent sona le regime du bon plaisir; et que quant aux élections qui devaient, pour le renouveQement de la seconde chambre, avoir légslement lieu à la fin de mai, il n'en a été nullement question.
En présence d'un parcil état de eboses, que je me borne a exposer, sans le con-damner ni l'absoudre, l'on s'expliquera plus facilement peut-ètre pourquoi depuis environ quinze mois le chef du gouvernement ne s'est pas une seule fois montré dans les rues de sa capitale, et qu'il préfère, malgré tous ses inconvénicnts surtout pendant Tété, le séjour d'une forteresse où en effet d'épais bastìons, bérissés de canons et une garaison nombreuse lui offrent autant de sécnrité qu'il en pcut désirer.
Et qu'on ne dise pas qu'il a'agìt ici, d'un sacrifico fait au devoir de l'hospitalité, car le vénérable personnagc qui en est aujourd'hui. l'objet ne demanderait pas mieux que d'aliar respirer plus librement sona Ics fra is ombrages de Capo di Monte (residence royale aux portes de Naples) mais il parati que par déUcatesse il ne veut pas prendre l'initiative pour en exprimer le désir,
Je rcviena maintenant au General Oudinot, car il y auraitlonguement et tristc-ment à dire sor ce pays napolitani, auquel la nature n'a rien refusé, excepté des hom-totM pour tirer leur parti de tous les avantages dont sa main prodigne l'a dote.
Par nne seconde disposition ce Chef a p resevi t un désarmement complet et, par nne troisième, la réorganisation de cette panie de l'armée romaine qui a manifeste Fin tea ti on de continuer servir,
Ccs mesureB que Ics circonstances rendaicnt indiaponaablcs ont été favoroblement accueilliea par la majorité des habltants de la capitale, et il faut bien que les exaltés, réduits comme ila le sont aujonrd'hni a l'impuissance, en prennent leur parti.