Rassegna storica del Risorgimento

1834 ; MAZZINI GIUSEPPE ; SAVOIA
anno <1948>   pagina <230>
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Paul Guichonnet
carabines et beaucoup ayant en outre pistolets et poignards. Dans la nuit du samedi au
dimanche, soit du / au 2'me de ce mais, ils se sont dirige* sur St. Julien commandos par
le general Ramorino et urrivés près dcs muri de celle ville, ile en onlfait explorer l'iniérieur
par quelques iclaireurs qui en onlfait le tour et oat trouvé que celle ville étail défendue
par une compagnie sous les armes; ila n'ont pasjugé à propos de Vattaquer et sont revenus
sur leurs pas en se dirigeant sur Annemasse par la rotite sous Salive. Arrivis à la com-
rntme de Dossey, Mr. Rubin, *) Vun des chcfs, s'est présente au cure qu'il connaissait 2)
et lui a domande des refraichissemens pour la troupe, en lui disant qu'elle venali lui ap-
parler la liberti, ainsi que Vaffranchissement des entraves au milieu desquelles il avait
vicu jusqu'ici. Ces gaillards lui ont Ini un tonneau de vin et pour remercimcnt, lui ont
emporté, en se retirant, deux moules 3) de bois, qui ont servi à les richauffer un instant,
après quoi ils soni partis pour Annemasse en passoni par le poni d'Etrembières oa ils
ont été arrités par le poste des préposés qui) après avoir faìt feu sur les arrivans, se sont
repliis en tonte bàie, ne pouvant resister au nombre; ils ont été vivemcnt poursuivis par
les Polonais qui voulaient se saisir de leur chef auquel ils auraient probablement fait pas-
ser un mauvais quart d'heure, et qui n'esl parvenu à se. sauver qu'en se cachant dans une
cuve de tanneur. Arrivès à Annemasse, ils se sont partis à la caserne des carabiniers 4)
qui itavi vide et doni ils ont brisé Venseigne; ils ont igalemcnt renversé celle du percepìeur
des contributions et se sont portés dans le poste des douaniers du còti de Genève, qui ils ont
voulu enróler dans leur corps. Sur refus de ces derniers, ils les ont enfermés dans leur
corps de garde pour leur laisaer le teme de rifélichir, puis au 2 refus qu'ils ont reeu, ils
se sont fait remettre leurs carabines, les ont dipouillis de leurs habits, les ont brùlés en leur
présente avec quelques registres du Bureau de la Dottane, dans lequel ils s'étaient portés
en mime teme, ont exigé Vargent qui étail dans la caisse de Mr. le Receveur, qui arrivali
à la somme d'environ 80011, en ont délivré un recti signe Rubin, ont ensuite pianti un
arbre de la liberti, au pied duaquel ils ont harangui la foule de curieux qu'ils attiraient
aulour d'eux, en lisant une proclamation à Ut fin de laquelle ils ont proferite cri aux armes,
espérant que la plupart de ceux qui les entendaient se saisiraient de celles qui ils avaient
élalies aux yeux du public pour le service de ceux qui voudraient se riunir' à eux. Mais
un silence profond et la plus-grande immobiliti de la pari des assistane leur onlfait conu
prendre qu' ils n'étaient pas nis pour ce genre de gioire, ce qui les a un peu diconcerti
et a jeté le miconlenlement pormi les insurgis.
On attendati toujours les voir arriver à Bonneville dans la nuit du dimanche au lundi, mais ils ont pris la route de Thonon en se dirigeant sur Ville la Grand, distant d'une demi-heure d" Annemasse ou ils ont campi sur un pré. Mais déjà la disertion avait éclairci leurs rangs, cor Us n'étaient plus guère qu'environ 150 en arrivata sur ce dernier point. Le lendemain, lundi, ne voyant point paraStre le general Ramorino qui avait cou-ché dans une maison voisine, ils en furetti diconcertis. Quelques Polonais se portèrent dans la maison, et fon assure que Vun d'entro eux, persuadi de la difection de leur chef, voulait lui pianger te poignard dans le sein. Mais il enfut empèchi par le maitre de la maison qui s'interposti entro l'assassin et la vietane qu*il voulait faire, laquelle saula par la feniire pour ichapper à de nouvelles atiaques.
aJ Nora do fa mille savoyard, du Fauci gay. a) I/abbé Gaspard Gay.
3) Mesuro locale pour la bois, valant 3 stèrcs environ.
*) Annemasse était une station de la lieutenanee des Carabinieri* royaux de Saint Julien en Genevois, avec un brigadier a pied.