Rassegna storica del Risorgimento
1848 ; 1849 ; FRANCIA
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Ferdinand Boyer
10.000 fusils . Le 30 mars, Tommaseo l) avait écrità Lamartine: INous avons besoin d'armes, sur le champ. Pendant longtemps l'Italie a vainemcnt attenda cspéraut reccvoir de Louis Philippe Ics armes nécessaire;2) mais alora du moins pouvait-on attendre; Venise ne le peut! Alphonse de Lamartine ne lui répondra cortes pas; "Nous en manquons,,. Àinsi que le frèrc trouve toujours un morceau de pain à partagcx avcc ma frèrc affamé, ainsi la grande et puissante République Francaise tronvera guelques fusils, un batiraent de guerre à céder à une Hépublique italicmie désarméc et non par sa faute .
Pour satisfaire ces dcmandes pressantes, qu'allait fair e le gouvernement provi-soire frangais? Avait-il des armes a céder? Pouvait-il les livrer sans risques pour la sécurité de la France? Aucun historien a'a pose ces questions csscnticllcs. Il est cependant possible d'y répondrc.
Au cours du mois de mars, Lamartine et ses collègues vécurent dans la crainte d'une guerre déclenchée par l'Autrichc et la Russie.3) A la réunion gouvernementale da 27, fut rapporté un mot significa tif du Tsar à ses ofGciers: Il faut se préparer à monter à chevall . Or la France n'avait ni les effectifs, ni les armes néccssaires. Au 13 mars, il n'y avait dans la métropole que 100.000 hommes disponihles; les chevaux et le matèrici étaient en nombre insuffisant. Il fallait, dit Lamartine, gagner du temps
1) Cfr. Documents ìaissés pax MANIN, pubtiés par Planat de la Faye, Paris .1860, t. L, p. 174.
2) Guizot cèda des armes au Pape et au Grand Due de Toscane; la livraison en fut faite par la Préfecture Maritane de Toulon dont Ics archives possèdent des documents s'échclonnant de septembre 1847 àfévrier 1848; envoici l'essentiel:
30 septembre 1847 Dépéche ministérielle télégraphique: Quatorze mille fusils destine? a l'armemeii t de la Garde Civique Romaine sont rais à la disposition du Saint Siège. Tenir un batiment prèt a partir pour Civitavecchia.
24 novembre 1847 Dép. min. tèi.: L'Artilleric est en mesure de livrer cinq mille fusils destinés au gouvernement toscan. Ordre d'expédier ces armes le plus tòt possible a Lrvourne.
10 février 1848 Du Directeur de l'Artillerie: La Direction de rArtillerie èst en mesure de livrer immédiatement à Toulon à M. Melimi six mille fusils réclamés par le gouvernement toscan pour compiè ter, avecles cinq mille fusils dèjà livrés le 7 janvier derider, le nombre total de onze nulle fusils cédés par le gouvernement frangais.
12 février 1848 - Du Directeur de l'Artillerie: Rappel d'une dépéche ministérielle télégraphique du ministre de la Guerre donnant ordre d'encaisser douze mille fasi! transformés et six xnillions de capsules. Les douze mille fusils et accessoires et troia millions de capsules seront préts a ctre embarqués le 16 courant au ma tin; il n'y a pas en magasin Ics six millions de capsules demandécs. Il sai I par le vice consul du Saint Siège a Toulon que ce matèrie! est destine au Gouvernement Pontificai.
17 février 1848 - Du capitarne du Pingouin: Un état indiquant le poids, le nombre et la valeur des objets à embarquer sur VAsmodée et qui sont destinés à e tre tran-sporte* a Civitavecchia en exécution de l'ordre du niinistre de la Guerre du 8 février 1848.
18 février 1848 - Du vice consul de Toscane: Il fnui: prevenir son gouvernement que les sfx mille fusils seront transportés a Livourne par VAsmodéc.
20 mars 1848 - De l'Amirai Band bis Le ministre lui a prcscrit de faire tran-sporter à Livourne 140 cnisscs do fusils destlnées au gouvernement toscan. II demando si ces armes n'auraient pas été emborquées sur le Giglio, vapeur toscan.
?5 Cfr. LAMARTINE, Histoire de 1848, t. 2, p. 43 et q.; GAKMJSR PAGES, Mistoire de la revolution de 1848, t. 6, pp. 143-347, 268-270, 309-311.