Rassegna storica del Risorgimento
1848 ; 1849 ; FRANCIA
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98 Ferdinand Boyer
3 juillet en sont la preuvc.*) Frapolli, envoyé Jombard à Paris, fi* remarquer quo, malgré Ics annemcnts de la Franco, Ics demandea de Milan furent satisfaites. I.orsquc Radetzky rcprit Milan, des contrats d'cxpédition d'arme* étaient encorc en cours; c'cst a Fun d'eux que fit allnsion G. Motta dans sa lettre de Lugano écrite le 11 aoùt au patriote Casati,2) fi qui il adrcssait son rcprésentant a Saint Etienne, Eugènc Vialle-ton, ponr que le Piémont prìt à son compie Ics fusils commandés.
Qnand. au milieu de mai, Bastide avait remplacé Lamartinc à la tòte du ministèro des Affaires Et.rangères, il avait su ivi la mème politique. C'est ainsi que le 22 il télégraphiait au préfct maritime de Toulon3) qneles 20.000 fusils à dèlivrer au délé-gué de la République de Venise devaicnt lui étre remis des l'avis dn versement à bord du Brasier de l'argent destine à les payer. Ces armes seraient transportées à Génes par un batiment à vapeur de l'Etàt. Il s'en trouvait encore dans les docks du port ligure, lors de Custoza et de I'annisticc Salasco, tandis que Venise continuait la lui te. Le general Perron de San Martino, alors ministre des Affaires Etrangòrcs a Turin, et son collègue à la Guerre s'accordèrent avee Fagent vénitien Nani pour la sortie des cais-ses. 4) Un vapeur marchand francais, VOcéan., apporta ainsi 6000 fusils le 3 octobre à Venise, livraison cssenticllc à l'heure où la cité de Saint Marc était bloquéc. 5)
Cortes le Gouvernement Francais ne fut pas le seul à vendre des- armes aux pa-triotes italiens. Il y eut assurément des achats en Suisse, en Belgique et en Angle-terre, 6) mais toujours à l'industrie privée et non aux gouvemements. On connait la réponse de Palmerston ") au vénitien Zanardini le 21 avril 1848: Il nous dit que le gouvernement anglais étant l'allié de 1 Autriche, il lui était impossihlc de nous aider, mais qu'il nous restait la ressource de l'industrie privée de FAngleterre et il nous indi* qua Birmingham. Voilà comment le marchand s'esfc trahi. En Angle terre, ce que l'hom-me d'état ne peut faire ouvertement par considera tion politique, il permet qu'on le fasse dans Fintéret du commerce... . Seul, le gouvernement de la Seconde République Francaise cèda des armements prélevés sur les stocks omeiels aux. patriotes italiens. L'importance matérielle et surtout morale du geste est indéniable. On saisit mieux dès lors la vérité des paroles prononeées à la fin d'octobre 1848 par Perron de San Martino au Parlemcnt de Turin: Personne de nous n'ignore les services que la Franco nous a rendus. Elle nous a donne tous les moyens de fòurnir l'arméc et d'équipcr nos troupes. Sana la France, nous aurions été embarrassés pour avoir des fusils... . Perron était d'autant plus fonde à le dire qu'cn cotte fin d'annéc 1848 le gouvernement sarde obtint le permis d'exporter 20.000 fusils cédés par la France; une note officielle napo-litaine du 25 janvier 1849 en fait mention.
A) Cf, MARCHETTI, op. cit. pp. 411 et 424.
2) cf. MARCHETTI, II secondo ministero costituzionale di Carlo Alberto* Milano,, 1948, p. 114-115.
'*) Cf. Toulon, Archives de la Préfecture Maritime.
*) Cf. Doc. Manin, U I, pp. 407 et 438.
*) La lettre de Manin a Tommaseo du 17 novembre 1848 (cfr. Doc. Manin, t. 2, p. 27) doit trailer d'un autre achat en France: <e Voiei une lettre pour Z... L'acqui-sition d'un pyroscapbe et de fusils aerait pour nous une trop grande henne fortune pour pouvoir la rcftiser, et la f acuì té de ne les payer qu'fi la fin de la guerre doit nous ìrendre eoulants sur le prix .
6) Cf. MARCHETTI, Governo Provvisorio, pp, 125, 194, 203, 204; CHIALA, op. cit., p. 371.
I Cf. Doc. Manin, L h p. 198.