Rassegna storica del Risorgimento
1848 ; 1849 ; FRANCIA
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100 Ferdinand Boyer
l'occasion la plus proinpte Ics 2000 fusils et les 20.000 Kgs de poadre cédés la Sicile . II s'agissait cn fait de 16.000 Kgs de poudce a canon et de pondre à fusìls. Michele Amari, nouvcl cnvoyé de Palcrme à Paris, passant alors à Marscille, decida ') la location da vapcur francala V Hcllespont afra de porter à Palcrme au plus vite Ics acqui -sitions faites. Les autorités franaises se montrèrent très amicales, au dire du ministre Stabile: Elles eurent la bicnvcillauce de faire eharger le tout pendant la nuit et aussi la journée suivante, bien que jour de féte .
Messine fut prìse par les ISapolitains, mais l'amiral Band in imposa un armistice, par la menace de l'emploi de la force, au general Filangieri Cctte décision était favo-rable aux Sicilìens à qui elle accordait un nouveau délai pour complétcr leurs arme-ments. Pour cela de rargent était indispensable et les lettres d'Amari à ses chefs ne cessèrent de répéter: ce Concluez l'eraprunt. Nous vous enverrons d'ici fusìls, mimi-tions, olficiers, la Légion francaise... .2) Bastide et ses eollègues de la Marine et de la Guerre autorisaient volonticrs les ventes. Cavaignac promettait méme d'accorder deux mois pour le paiement. Par telégramme miuistériel du 21 octobre, la prefecture maritime de Toulon 3) était priée de livrer aux envoyés siciliens 6 canons obusiers de 22 montés sur affùt de còte contre production du recepisse de versemeut de leur valeur. Au cours de novembre, d'autres dépèches traitèrcnt des ventes projetécs: 20 canons en fer de 36, autaut d'affùts marins, 100 à 150 boulets par pièce, 300 boulcts creux avee les 6 canons obusiers de 22 modèle 1841, deux battcrics de canons en bronze de campagne et de montagne. Les lettres d'Amari, à la méme epoque, en par-lent fréquemment avec une impatience croissante car l'eraprunt désiré ne se réalisait pas. Cavaignac 4) avait fait au début d'octobre cctte promesse: Eh bien! nous vous ferons un petit crédit pour les armes et les munì tions . Màis il fallait l'approbatiou du Conseil des Ministres qui n'en discuta peut-étre jamais, trop occupé de la campagne électorale pour l'élection du Président de la République dans laquelle s'affirmaient les chances de Louis Napoléon Bonaparte.
Le 10 décembre 1848 vit le triomphe du Princc, élu Président. Amari comprit vite qu'il regrettcrait bientdt l'amitié un peu hésitante mais réclle de Cavaignac, Basttde et Verniuac. Il prit peur,5) craignant que les ministres nouveaux ne refusent tonte livraison d'armes; il fallait enlever fusils et canons avant la passatura des pou-voirs: or Je compterai les jours, écrit-il à son chef Torrearsa, et j'agirai pour qu'Orlando accomplisse ce coup de main . Celuici, à défaut d'un bateau de la marine de guerre francaise, devait noliser à tout prix un autre vaisscau. Amicalement Bastide avertit Amari que les Napolitains connaissaient le proebain dopart d'armes et de canons sur la Considération. Un transfert rapide sur un antro bateau dut se faire. Le 7 décembre, une dépSche ministériclle, mais non signec por le ministre, autorlsait le préfet maritime de Toulon à eharger les armes destinécs aux Siciliens sur le premier navirc de guerre qui se rendrait a Palermo.6) Ainsi le Pintori rejoignk l'escadre de Baudin avec 1600 fusils a la fin décembre. L'Amiral y vit une violation de l'atti tudc de neutralité et d'arbitragc adoptée depuis septembre et Perreur d'un suus-ordrc; il renvoya les armes à Toulon.
') Cfr. AMARI, Carteggio publié par D'Ancona, i. I, pp. 281 et 283.
*) Cf. i t. I, p. 30.
3) Cf. Toulon, Atei. Prfif. Mar.
*> Cf. AwÀJtt* op. cit.t L Xr p. 841.
5) Cf. IWL, t, I, pp. 479 et 491.
<) Cf. Toulon, Arch. PrSf. Mor.j Paris, Arch. Nat, Marine BB4, l. 656, f 298.