Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; 1849 ; FRANCIA
anno <1950>   pagina <101>
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Les fon mi tu ras <V armcs, ecc. 101
Par ailleurs, lo gouvemement de Naples élevait des protestations. L'erreur ') d un employé du ministèro frangais, apportant au représentant du Bourbon les plis desti nés à l'envoye" de Palerme, avec la pcrmission de visitor une manufacture de capsu-les et de détail des fusils vendus, donna au diplomate napolitani une belle occasion de protester à la fin de novembre. Bastide répondit quo les Francois vendaient des armes a tous, au roi de Naples lui-méme s'il en désirait, mais le ministre de la Seconde République fit remarquer à Amari qu'il ne voulait pas étre pris la main dans le sac .
Drouyn de Lhuys, chargé par Louis Napoléon da ministère des Affaires Etran-gères, montra tout de suite moins de sympathic pour les Siciliens. Lorsque le prince de Cariati protesta au nom de Ferdinand contro les envois d'armes et d'hommes en Sicilc, dans un memorandum 2) date du 25 janvier 1849, Drouyn de Lhuys répondit le 5 fevrier qu'il s'agissait pour les armements de l'cxécution de contrats conclus avant que Naples n'ait accepté la médiation f rangaise. Il finissait sur un ton très conciliant: Quoi qu'il en soit, le gouvemement de la République a trop sincèrement à coeur d'observer les principcs do loyauté qui le dirigent dans ses rapports avec Naples aussi bien qu'avec les autres états pour ne pas s'appliquer, autant qu'il le pourra éviter tout ce qui tendrait a fournir au gouvemement na polita in des sujets de plainte légi-time . On était loin de la réponse elusive et un peu impertinente de Bastide... En fait ce fut l'arrèt de tonte Hvraison d'armes par le gouvemement frangais. Les fusils ren-voyés par Baudin à Toulon y furent séquestrés. Tonte vente de canons fut refusée par Drouyn de Lhuys le 17 février à Amari.3) L'industrie privée frangaise dut parer à la carence officielle.
De tout ceca on peut conciare que Ics républicains modérés, qui gouvernèrent la France en 1848, manifestèrent, d'avril à décembre, par des actes et non pas seule-ment par des mots, leur volonté de porter secours aux Italiens. La Seconde Républi­que fut la seule à agir ainsi en Europe et de fagon ouverte. Si Ton tient pour bornia la définition donneo par Bastide des diverses formes d'intcrvention, on peut dire qu'en armant les patriotes italiens la France intervint véritablcment. Mais les historicns ne doivent pas ouvrir de querelle de vocabulaire. Un fait semble acqnis dont il fandrà tenir compte dans l'étude de la politique frangaise vis à vis de l'Italie en 1848: les importantes fournitures d'armes conscnties par la France à un moment où son pro-pre réarmement lui paraissait d'un mtérét vitaL FERDINAND BOYER
DOCUMENT ANNEXE
Extraits du memorandum remis par le prince de Cariati le 25 janvier 1849 (tra-daction envoyée par M. de Rayneval le 27 janvier 1849).
Le Gouvemement Napolitain proteste contre les envois de munitions et d'armes aux Siciliens, au mépris flagrant de la neutralité si bautement proclamée...
D'après des informa tions da 28 octobre et du 2 novembre 1848, des agents sici­liens venus à Toulon sur le vapear le Palermo cut acheté à l'Admiuistratiou Milita ire
') Cf, AMABI, op. eh., t. I, pp. 479, 456, 394.
2) Cf. Paris, Arch. Aff. Etr, Naples, Corresp. dipi. i/> 177, ff 93-95 et 131. Cf. en annexe des extraits du texte de Cariati.
3) Cf. AMARI, op, cit., t. I, p. 532.