Rassegna storica del Risorgimento
CALLIER CAMILLE
anno
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1950
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pagina
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419
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Un observaleur de Tocqueville ù Rome. ecc. 419
quitte le ministére le 31 oc toh re. mais direct cine nt et officiellemont à son successeur le penerai de la Hittc et figurent à la correspondance politique (Rome 994).*) Dans une lettre du 28 févricr, il déplore de voir tcrminée une mission qu'il croit avoir été utile et qui eùt pn Tètre encore. par la eonuaissance des horames et des choses qu'il avait acqui se. Il me semole qu'il n'est plus à certe date en harmonie avec la politique suivie et conseiliée par Ics diplomates offieiélB Corcelle et Rayncval; là doit étre la vraie raison de son rappel.
Nous voici donc en présence dfun document d'une réelle valeur. Il a sa valeur propre par la précision et l'intelligence de ses informations. 11 en acquiert une autre da fait que la maladie de Corcelle et la présence seulement accidentelle à Rome de Raynevai en font la seule relation complète que le cabinet des Affaires étrangères ait recue, en aoùt et septembre, en debors des rapporto inilitaires, directement, des évé-nements de l'occupation. On en ponrrait ex tra ire tonte l'histoire. On y voit au jour le jnur se développer la politique des cardìnanx, leur posrtion de réaction dès l'origine, le refus obstiné oppose ò tont conseil de moderation, l'envaliissement progressif sur le domai ne de l'administration et l'elimina tion sournoise des antorités francaises, Ics plaintes ou les menac.es dont ils usent tour à tour pour écarter les reproches ou imposer leur volonté.
La politique franaise, en face, n'est pas moins nette: Callier, dès le début, a degagé ce qui lui paraissait les condì tions préalables au rétablissement de l'autorité pontificale, une amnistie et des réformes (1. des 3 et 10 aoùt); ses lettres sont pleines de longs conseils; celle du 23 septembre est tout un programme de gouvernement et qui révèle un véritable esprit politique. Or à la voir dans les informa tions locales et à comparer celles-ci aox instructions parisiennes, on en voit l'unite véritable. Sans doute, sur place, y a-t-il entre les militaires et les diplomates parfois quclques frìctions. Ainsi la Cour de Gaéte avait essayé de prendre les premiers par la vanite en attribuant généreusement 140 décorations mais Paris ne voulait point laisser compromettre son armée; il envoya l'ordre de les refuser; malheureusement le courrier porteur des croix était parti pour Rome quand ce contre-ordre arriva. Callier, qui avait eu à venir à Gaéte (ce parait la seule fois d'aiUeurs), fit diligence pour rentrer avant lui et put arréter l'intempestive promotion; les militaires lui en voulurent et le marquèrent en ne l'invitant pas à la fète dee adieux d'Oudìnot (1* du 24 aoùt). Mais à part quelques rYoissements d'amour-propres et divergences professionnclles, l'attitude des ebefs militaires n'est point à Rome differente de celle des civils; ils leur reprochent seulement trop de mollesse (1. du 10 aoùt). Or, se dégageant des circonstances locales, elle n'est pas non plus differente de celle qu'envisageait Paris. Il suffit. pour s'en convaincre, de comparer lea conclusions de Callier avec les instructions de Tocqueville. Celui-ci écrivait à Corcelle, troia jours aprcs son entrée au ministére, d'organiser une adminis-tration municipale, mais d'empèrher la restaura tion des institntiona impopulaircs: Nous devons prevenir tonte espèce de réaction violente, soit contro les personnes, !>oit dans les choses , et: Ne perdez pas de vue, et cela devient maintenant un point capital, que non* voulons aasnrcr aux Etats de l'Eglise des insti tot ions libérale* séricu-sea>; il recommandait. de s'adrefwcr au Saint Pére sans intcrniédiaircs ce qui excluait l'interealation entre lui et l'autori té fruncainc dequelquc commission de cardìnanx. 2)
') B en inanqitr deux (les numero 3 et 4). Le n 1 est au registro Rome 989,
f 44(1.
2) Texte dans Im Mtmoim d'Odilon Barro!, t. Ili, p. 372.