Rassegna storica del Risorgimento

FRANCIA ; SARDEGNA (REGNO DI)
anno <1950>   pagina <515>
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La II* République, ecc. 515
a nous et à l'Angletcrrc pour régler la rancon de Victor Emmanuel. Thiers laissa en-tendro que l'union dea partis se ferait en France en eoa de guerre et que le chef de FÉtat était assuré, en cette circonstancc, d'avoir derrière lui mcrae eeux qui s'opposaient à ses velléilés de rccommenccr l'Empire, il ajouta: Nous ne sommea plus en 1814, nona avons derrière nous trenie quatre années de paix et une nrmée d'Afrique qui n'a pas encore montré tout ce qu'clle peut faire. Une ligne du Moniteur, un mot du prési-dent, peuvent eugager dès demain cette terriblc partie. Ce n'est pas, vous le comprenez bien, sur de vaines alarmes que j'ai prie la libertà de vous donner rendez-vous chez moi au milieu de la nuit .' ) Si vous ae me mettcz pas à mèmc de rapportcr, ce niatin, une réponse satisfaisante au président, je ne réponds pas des résolutions qui seront prises. 2) L'envoi d'un courrier au prince de Schwartzenberg pour lui reconunander les propositions de la France, fut la conclusion de cet entreticn décisif.
Le jeune roi Victor-Emmanuel se demandait alors auxieusement au milieu des multiplcs épreuves qui marquaient le début de son rógne, ce que ferait la France et, sans facons, il confiait ses préoccupations à l'aimablc de Reiset qu'il recevait au palais en dehors de toute ctiquette ou qu'il allait visitar à son domicile turiuois, 3 via Carlo Alberto, sous le nom de M. Martin,... négociant.3) Le nouveau monarque n'avait pas encore su se xettdre populaire, on opposait le sacrifìce de son pére à sa résignation apparente devant la défaite, on sussurait mcmc qu'il avait contribué à cette défaite pour régner plus vite et qu'il avait promis à Radetzky de freiner, niieux que ne l'avait fait Charles Albert, les partis démocratiques.
Sur place, dans la mesure du possible, Bois le Comte se multiplia pour réparer les effets d'une catastrophc qu'il n'avait que trop prévue. Le président du conseil pié-montais lui avait manifeste le désir de voir le représentant de la France se rendre auprès de Radetzky en compagnie d'Abercromby pour obtenir un adoucissement des clauscs de l'armistice, sur tout en ce qui concernait Alcxatidrie afin de ne pas mettre le nouveau roi dans une situation difficile; ce qui fut accepté en principe (28 mars). Après la presta­tion du serment, Victor Emmanuel II accorda à Bois le Comte et à Abcrcromby une audience qui dura une heure et demie pour leur permettre de rcmplir utilement lem* inis-sion auprès du vieux maréchal autrichieu. Le roi affinila qu'il voulait la paix et le maiu­ti en de l'ordre dans le pays l'un ne pouvant marcher sans l'au tre , et il promit d'em-ployer tous ses soins vers ces dcux buts. Ce pays, dit Victor Emmanuel a été sacrine à des illosions générenses sans doute, mais impossibles réaliser. L'année dernièrc, peut-ètre, si la guerre eùt été mieux conduite, si la politique cut été meilleure, on cut pu réussir, mais après l'échcc subì, il était Lmpossible de le réparer surtout après avoir compromis toute espèce de succès par le désordre moral et matèrici introduit dans tontes les branches du gouvernement. Pour moi, je veux gouverner constitutionnclle-ment, mais je veux faire respecter la loi et je perirai plutòt que de m'en laisser imposer par un parti. Je n'ai point désiré le tróne, j'espérais y monter le plus tard possible, car j'ai peu de goùt pour le métter qui est peu agréablc et peu facile par le temps qui court (sic), mais j'ahne man pays et je me consacrerai tout ontier à sa prospérité que j'espère rétablir qnoiqu'elle ait été bien compromise. Je l'aime sincèrement, mais je
0 Cette conversatimi fot tenne ft la maison de Thiers, place Sl Georges, au milieu de la nuit.
DL.DK GAJXXABO, L'cxpédition de Rome m 1849, Paris, 1861, pp. 141-147. *) DE REISET, Mes souvenirs, pp. 326-331*