Rassegna storica del Risorgimento
FRANCIA ; SARDEGNA (REGNO DI)
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Cesar Vida!
de l'armcc dcs Alpes en Savoie, gcste qui risquait d'accabler mi pays qu'on voulait aider et de le menaccr de lai prcndre une province. Il recnnimanda, si Pon voulait contrecarrer l'influente autrichienne, d'occuper un point quelconque du territoire it alien: Rome, Ancóne, Civitavecchia, Venise pluf ór. que tout le reste, mais la Savoie jamais.l) Pour l'avenir. il conseilla d'organiser une inflnence vraic et solide s'exer-cant sur un parti consti tu lionnel doimant aux Etats italiens une existcnce noti veli e et de ménager sur tout le Piémont excellcnte base d'opérations. *)
L'Autriche, aux prises avec Ics questiona allemande et hongroise, ne pouvait demeurer insensible aux xeprésentations de la France et de l'Anglcterrc, mais elle entendait monnayer sa victoire, le Piémont lui-mème cscomptait que sa défaite roili-taire ponrrait se iraduire par un succès diplomatiquc. Ges positions dea ex bclligérants ne facilitaient pas la tache des médiateurs éventucls.
Scbwartzcnbcrg, depuis son passage à Turni, nourrissait une baine tenace contro CharlesAlbert et le Piémont et il n'cùt pas été fàché de le ruinor.3) Il entendait imposer au Royaune de Sardaigne une indemnité de guerre exorbitante, correspondant à trois années de recettes budgetaires, c'est dire proportionncllement plus que les Alliés n'avaient exigé de la France en 18151 Certe perspective arrachait à Bois le Comte ces réflexions indignécs. Une guerre pour repousscr d'iniques conditions serait popu-Iaire. Je crois que la France manquerait à t.ous ses engagements et à tous ses intéréts en laissant écraser un pays qui n'a plus d'espoir qu'en elle, *) En otitre, le Gou ver-neroent de Vienne entendait occuper Alexandrie pour la séeurité de ses troupes en Hl Italie et refuser toute amnistie aux Lombards compromis dans les deus guerres d'Indépendance. Plus exigeaut que Radctzky, Schwartzenherg voulait réduire le Pie" mont à Pétat d'ilotisme poli ti que cornine unique moyen d'assurer sa domination en Italie et il pensait avoir écarté les puissances mediatrices par lespromesses antérieures.
Bois le Comte devina la manoeuvre: Ce n'est donc plus de médiat.ion qu'il s'agit mais de protection, j'engagé le Gouvernemcnt de la République à considérér la questiott sous ce point de vue. Il y a deux impossibili tés dans Pétat actuel des choses: c'est l'occupation d'Alexandrie par Ics Autriclùcns et le paiement de 200 millions par le Piémont* C'est avant tout contre ces deux évcntualités que le Gouverncroent de la République doit protéger le Piémont. Tout nutre moyen d'envisager la q uestion n'abou-tirait qu'à rendre le nom de la France odieux en Piémont. Recommandant une fois encore l'occupation de Venise, le diplomate concluait: Je crois que la France n'auxa jamais une mei Ile uro, ni une plus belle occasion de faire bénir son nom en Italie et de le faire respecter en Europe*5)
Mais, d'uutre pari, Victor Emmanuel II, sur de l'integri té de ses Etats hérédi-taires, entendait revendiquer Parme et Plaisonce au nom d'un droit de reversibilité remontant a 1844, Enfio, certains conserva leu rs, disciples de Sol uro della Margherita,
*W) Dép. de Bois le Comte du 3 ovril 1849, (A. Q. 0. - - d10 ).
*) En 1847, Schwartzenberg, alora ministro d'Aulrichc a Naplcs, avnit dit à son collègue fruticuis, M. de Lutteroth, en parlant de Charles Albert: C'est le plus grand despoti: qui existc en Europe. C'est un ambi linux qui n'est pas insonsiblc aux rc-ves d'agrandisscment que, depuis troie nns, les écztvains de son pays font briller à ses yeux et qui veut aceoutumer les esprit de l'Italie a le regarder commi' un chef futur . (Lutteroth à Guizot, Io 1 eptembre 1847 (A. Q. O. - F. Naplcs 1847).
4L Bois le Comte à Drouyn de Lhuys, le 15 avril 1849 (A. Q. 0. - - dw ).
5) Le 16 avril 1849 ( d> ).