Rassegna storica del Risorgimento

IRREDENTISMO
anno <1951>   pagina <264>
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264 Georges Bourgin
Vii
DÉPÉCB3S DM VAMBASSADEUR DE FRANCE À VIENNE
Vienne, 18 janvier 1909. CReqw. Cabinet, 23 janvier; Dir. poi., 27 janvier).
Le Gouvernement autrichien soumettra, le 20 de ce mais, au Parlement un projet de hi créant ù Vienne une Universitè (Faculté de droit) italienne. Il ne serait pas impossible qu'elle fui par la suite transporlée à Trieste.
Dans certains milieux politiques, et jusque pormi les membres de la famille imperiale, on est preoccupò de la tension des rapports entro l'Autriche et l'Italie. On y désirerait voir porter remède à tette situati ori: on y incline vérs une poli­ti que plus (orge dans les questiona qui divisemi les deux pays. Cest ainsi que, pour donner une satisfaction plus complète aux Italiens, certains inclineraient à établir immédiatement le siège de còtte Faculté à Trieste.
Ce n'est pas seulement, en effet, par chauvinismè que les étudiants italiens réclament une Universitè de leur langue à Trieste et non ailteurs. La pluparl d*entre eux sont pauvres et ont besoin d'ajouter aux maigres subsides qu'ils recoirent de leur famille le produit d'un travati rémunérateur. Or, leur con-naìssance imparfaite de la langue allemande ne leur permei pas de trouver à Vienne des emplois tels que ceux de teneurs de livres, secrétaires, etc-, qu'ils obtìendraient facilemenl à Trieste; et il par alt juste que, dans la décision è intervenir* il soit tenu compte de còtte considération. Fai entendu plaider cettò cause par un memore de la famille imperialo. Le Gouvernement n'a pas era pouvoir, en ce moment* aller jusque-là: il redolite à Trieste des conflits entrò étudiants italiens' et slaves. Mais, autant que fai pu en jtiger, c'est cause de cettò crainte, et non par principe, qu'il s'est refusi à établir Vuniversitè ìtft-lienne à Trieste.
D'une facon general, d'aìtteurs, ainsi quo je Vai dit plus haut, on parali se rendre compte de Vintérèt que VAutriche aurait actuellement à se conci li er l'Italie, mime au prix de certains sacrifices. C'est ainsi qu'un grand persomutge autrichien a récemment compare le sud du Trentin, ce long couloir étroit dans lequel coide l'Adige, à un appendice inutile qui ne peut que produire des abcès et doni l'afflatimi est recommandée dans certains cas.. Il entendait par là que le Gouvernement austro-hongrois pourruit avoir ttvantage à retrocèder à Vltalie, moyennant certaines compensations, un districi de 200.000 habi tanta environ qui est deventi inutile à la Monarchie depuis qu'il nò seri plus à assurer les Com­munications entrò les possesions autrichiennes du Tyrbt et de la Lombardie. L'opi­nion publique n'est certes pas actuellement disposée à accepter un semblable sacrificò; mais lo fait setti qu'il alt été envisagé et préconisé en haut lieu cons­time un symptihnò interessala dò revolution qui est en train de se produire dans qvòlques esprit chtirvoyants et libéraux.
Crozier.