Rassegna storica del Risorgimento

1859 ; ANNESSIONI ; TOURTE ABRAHAM ; CAVOUR, CAMILLO BENSO DI ;
anno <1953>   pagina <138>
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Giovanni Ferretti
M. le Baron dès que PEmpereur aura medile les réponses des autres puissances aux propositions Anglaises, je vous forai savoir ses dernières volontés. Or troìs jours s'étaint écoulés sans que ni M. Talleyrand, ni Cavour n'eut rieri recti. On commencait donc à espérer que la désapprobation de VAngleterre aurait arrètè VEmpereur*, lorsque samedi arriva la depéche annoncée. Le soir memo, M. De Talleyrand me dit: Il y a dans mes depèches une phrase satisfaisante à Vadresse de la Suisse. Le lendemain matìn, il vini me lire tette phrase, Voici ce quHl me lut. Chacun comprendra qu'en face d'un agrandissement aussi con-sidérable des Etats sardes la Franco ne peut, sans imprudence, se contenter de ses frontières actueUes ouvertes du coté des Alpes.
Uetat des choses qui résulieraìt des propositions ci dessus, equivaudrait quant à Vìmportance de Vaction ulterieure du Piémont, à une veritable annexion. En conséquence vous demandrez que le Comté de Nice et la Savoie soient cédés a la France. Vous aurez soia, en meme temps de déclarer quo Vannexion ne dovrà pas se faire sans Vassentiment des populations, que PEmpereur s'expliquera à ce sujet avec les autres puissances, qu'eixnn on aura égard a la séeurité de la Suisse. Voila tout. Croyez bien mon cher Fazy quHl s'agii de recouler la douane quelques lieues et de déclarer que le Faucigny, le Chablais et le Genevois resteront neutrali sés entre les mains de la France.
Pourquoi, sHl devait en étre autrement, ne pas le déclarer nettement au Pié-mont. Pourquoi recommander de nouveau au Conseil Federai le secret au sujet des assurances de M. de Tillos. *)
Lorsque Talleyrand m'eutfini sa lecture, je lui dis: Cela etani equivalerti à une transaction,2' e1 est Voccupation des Romagnes et la Toscane au petit due de Genes. TI fot surpris et embarrassé de me voir si bien renseigné et balbutia une demi dénégation en me disanl ou bien autre chose. Vous allea, lui disje, retirer votre armée, cor on refuserà vos propositions. Là encore, je vis à son embarras que nos renseignements étaient exactes. Cest la guerre, lui dis-je alors, cor on la fera sans vous et sans tarder, c'est le seul pian qui puisse réussir à Cavour, si vous Pabandonnez. Avant six semaìnes la croix de Savoie flotte à Syracuse.
Eh bien me ditil je vous comprends, et de plus je suis de votre avis, ' mais, comme tous mes coUègues, je suis à l'index auprès de mon gouvernement cornate entaché dHtalianisme, et on croit plutei les jérémiades de VAutriche que mes assurances.
Ceci avait trait à une réponse de M. de Rechberg,3) qui attribue tout ce qui s*est passe, le soulèvement des Romagnes, le mécontentement des Vénitiens etc, aux intrigues du Piémonl - le 9[IO6 ditti des Jtaliens soupirent le retour de rancieri regime.
Cavour avait déjà quitte Mìlan lorsque M. de Talleyrand recut Vordre de lui faire la proposition que je vous ai indiquée. Taurais voulu pouvoir le prevenir, mais la grippe contre laquelle je luttais depuis quinze jours me dormii au Ut à"où- je viens seulement de sortir.
1) Il barone Tillos, incaricato d'affari francese a Berna, aveva il 6 febbraio rassicurato il Presidente della Confederatone Frey-Hórosée sulle intenzioni della Francia nei riguardi della Savoia (L. MormiEB, op. ctt,, p. 59).
2) Questa frase non si legge bene: la trascrizione è una ricostruzione congetturale. 31 Bernard de Rechberg, allora Ministro degli Esteri austriaco.