Rassegna storica del Risorgimento
1860-1870 ; FRANCIA ; STORIOGRAFIA
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Cesar Viotti
qui me préoccupe sans cesse, c'est de savoir, le jour où l'Unite de l'Italie sera faite, quel Italien nous parlerons... moi, je suis pour le pur Toscan (p. 108).
Au sujet de la Question Romaine, A. Manzoni aurait ainsi exprimé sa pensée: Je courbe humblement la téte devant le St. Pére et l'Eglise n'a pas de fils plus respectueux que moi. Mais pourquoi confondre les intéréts de la Terre avec ceux du Gel? (T. I., p. 111). *) Quant à Victor Emmanuel II, il était, aux yeux du grand, écrivain, le souverain que nécessitaient les cir-constances et qu'il fallait pour accomplir la résurrection de l'Italie (T. I., p. 369). C'est à Mme L. Colet que Cavour, à Milan, le 18 février 1860, fit eette famense réponse, alors qu'elle l'avait compare à Richelieu, moins le sang verse: Et moins la solitane. (T. I, p. 402).
Du T. II, en debors des pages consacrées aux fètes patriotiques de Turin d'avrai 1860 et à l'entrée de Victor Emmanuel à Florence, on peut retenir ees paroles dites par Cavour à son interlocutrice, le 2 avril 1860: La question de Rome m'embarrasse et m'attriste plus que la question vénitienne. Venise est, pour l'Autriche, comme une femme mariée qui n'aime plus son mari. Quand le e ceux éebappe au joug, le corps suit bientot le cceur. Tòt ou tard, Venise sera à nous (p. 7-8). Relevons aussi ce jugement prophétique sur le parti orléaniste qui, au printemps de 1860, prenait fait et cause en faveur du pouvoir temporel: ... Le parti orléaniste, par l'apostasie de ses doctrìnes, s'est suicide, il s'agite en vain, mais n'a plus d'avenir. H se dédommage à coups de brochures et de mandements d'évéques, nous sommes traités de révolutionnaires et d'impies par les mémes hommes qui ont fait la revolution de juillet 1830 (op. cit., p. 9).
On trouve un luxe de détails imposant sur les origines du Royaume d'Italie dans les souvenirs du comte de Reiset. 8)
Ce dernier fut, en effet, envoyé en Italie, au lendemain de Villafranca, pour faire accepter l'idée de Confederati on par Victor Emmanuel, Cavour et d'Azeglio qu'il avait beaucoup connus. La mission delicate du comte de Reiset faire exécuter le traité de Villafranca était encore compliquée par l'intérct que portait l'Impératrice Eugènie à la cause du Due de Parme (p. 7). A Parme, il se convainquit, auprès dn Podestà Linati, que la cause des Bour-bons était perdue. Farmi, à Modène, Pepoli, à Bologne, lui démontrèrent la puissance du mouvement annexionniste; Ricasoli fit de mème à Florence et ne lui cacha pas que L'Italie était une machine à vapeur dans l'engrenage de laquelle I'Empereur avait mis le pied et que tout son corps y passerait (p. 38).3) De retour à Paris, de Reiset se demanda si ses démarches oflicielles n'avaient pas été qu'un trompe d'ceil et si, à son insù, il n'avait pas été simple-ment chargé de jeter de la poudre aux yeux de l'Europe et de l'Autriche. Les dessous de la mission du comte de Reiset ont été partiellement élucidés par
1) A. Mangani avait mingi exprintó nini opinion BOUS cotte forme : Son lenir qu'on aLtnqno l'Eglise en lui enlevnni BOB posttaeioni torrestrea est mie veri lab lo hórÉsic- ponz tont vrai chre-t.icn (T. !.. p. 369); V. B. Cuoci;, L'Italie des Italiani di Luisa Colei, in Quaderni data Crìtico* n>. 17-18 (1950), pp. 126-141.
2) Comte BE REISET, Me souvenir; l'Unito de VAUemagne et l'Unita de l'Italie, Paris, 1903 (p. 456).
3) De Beiset fut frappé par J'attitude équivuque du Frince Napoléon, candidat éventuel à la couronne toscane. Walowsfci, 'appuyant ut des traités nn tcVieurs, voynit, dans la rcstau ration du Grand Due, une garantio pour In posMBBion de la Lorraine.