Rassegna storica del Risorgimento
PISACANE CARLO
anno
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1954
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pagina
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288
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288 Georges Bourgin
Cinquante-six seulement ont été mis Hors de cause et remis en Iiberté. *)
Il est vrai que, le cas échéant, la polìce prcnd des précautions: lors de la f cte à Piedigrotta, le 8 septembre, elle a procède à des arrestations noni' breuses, selon son habitude. 2) Dans Naples, d'ailleurs, le calme, la tran-quillité sont parfaits, le royaume n'est pas atteint par la crise financière qui bouscule la plupart des places européennes: il est vrai que l'activité économi-que y est réduite, car il n'y a qu'un seul placement possible, la reute sur TÉtat, dont le taux est maintenu à un niveau élevé. Et, dans une dépèche du 5 septembre 1858, M. SoulangeBodin explique à son ministre le comte Walewski, la nature du gouvernement napolitani* )
Par gouvernement, Votre Excellence ne l'ignore pas, il fatti toujours entendre le roi, qui, a lui seul, est tout, dirige, combine tout dans ses États. PersonnalitS inabile et perverse tout à la fois, d'autant plus curieuse qu'il est bien démontre aujourd'hui que ni ministre, ni favori, ni familier, ni con-fesseur n'a d'empire sur elle, pas mème la reine, qui, d'ailleurs partage les penchanls et les vues de Sa Majesté sicilienne.
Ce passage est à rapprocher de ce que conile la dépèche du 3 décembre 1857, qui nous apprend que le roi, qui pensionne des brigands, comme le fameux Talarico, cultive le bien et le mal, comme il lui plait. *)
H se sert, dit M. Solange Bodin, du clergé pour dominer le peuple, des Suisses pour faire contrepoids à Varmée, de la police pour tenir aux abois la classe moyenne, des lazzaroni pour épouvanter la police, de la rigueur des cha-timents politiques pour ne pas décourager les mécontents, de la córruption et de la vénalité administratives pour ne pas se créer, en la voulant détruire, une quantité d'ennemis, du peu de besoins de ce peuple meridional pour repousser tonte innovation.
Avec le soleil, le pain à bas prix et les feux d'artifice, il a en mains un peuple facile à gouverner; la misere est plus facile, plus légère que dans le nord, et le socialisme est nul.
Pauvre Pisacane!
Et voici le texte qui réxume le mieux, à mes yeux, la situation du royaume de Naples au milieu de l'année 1858. 5)
Note au sujet de la concession du chemin de fer de Naples à Tarente, adressée par M. Soulange-Bodin, Consul à Naples, au Ministre Walewski*
he Gouvernement intérieur du royaume de Naples ne s'est en rien modifié après vingl mois d'interruption de relations diplomatiques avec la Franco et VAngleterre: il est aujourd'hui absolument ce qu'il était auparavant. Uadmi-nistration, la police, le clergé, Varmée, tous ses élemens d'action, en un mot, manoeuvrent entre les mains du Roi de la mème facon que par le passe; ce sont automi de Jils que Sa Majesté sicilienne fait marcher suivant le mème art et les memes combinaisons, et avec le mème succès, bien qu'il les tienne presque tous par le mauvais bout, si l'on s'en rapporto du moins aux idées saines admìses
1) épéel0 do 7 juiHot 1858.
2) Dépèche du 17 aeplembre 1858.
3) DcpSchc da 5 eptambxo 1858, *) Dépèche da 3 dfeeaibio 1857.
*) Anacxe à In dépecho de Naples, n. 97, du 3 juillet 1858.