Rassegna storica del Risorgimento
PISACANE CARLO
anno
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1954
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A propos de la mori de Pisolano 289
partout ailleurs. Une amnistie aurait-elle changé lefund des choses? Nulìemmt
en vérité. Fautil espérer qu'à l'epoque oh les deux puissances viendront à
renvoyer leurs légations on aura plus de prise sur les idées du Roi Ferdinand?
Le croire serait sàrement courir grand risque de perdre son tcmps et d'user sans
profit son infìuence; les bons avis, les conseils, les démonstrations ont toujours
frappé dans le vide jusqu'à présent inème lorsque la porte leur a été ouvcrte.
Et ce n'est pas non plus une mince difficuUé dans ce pays que celle d'aborder
le souverain; ce n'est que dans des occasions bien rares que les représentants
étrangers soni admis à Gaè'le: le Roi redolite leur approche presqu''autant que
celle des simples étrangers, à Vexception toutefois des écrivains à gages qui
sHntitulent catholiques ou légitimistes. (Depuis trois mais le débarquement dans
le port de Gaete est mente interdit aux équipages des bàtimens étrangers; les
matelots ou capitaines qui ont besoin de vivre peuvent en acheter à la sante
mais sans prendre pratique. Meme défense par terre sur tonte la tigne des for-
tifications). Parviendrait-on à obtenir quelque succès partiel qu'on n'aitarne-
rait pas pour cela le systèrne en vigueur; il est trop compact, trop solidement
établi dans Vesprit du Roi. Jai essayé de donner une idée de ce système dans
mon mémoire de dicembre 1857; cette note était en grande panie la peinture
du mal qui se pratique ici; on aurait de la peine à faire un tableau inverse: le
bien n'existe guère à Naples à Vétat de pratique et n'est facile à saisir que dans
les créations de la nature ou dans le caractère des habitans. Il y en a donc, au
point de vue gouvernemental, énormément à faire, et ce serait la tàche la plus
noble que la France et VAngleterre réunies pourraient entreprendre pour eUes
mémes, pour le royaume de Naples et par contrecoup pour le reste de l'Italie.
Cétait bien là aussi le but de leur action commune lorsqu'on en est venu à une
rupture. Comment donc arriver à des résultats qu'on a reconnus impossibles
jusqu'à présent, et quels moyens employer, si on admet qu*il fa ut abandonner
les anciens et que vouloir peser sur la politique intérieure du Roi de Naples
est peine perda?
Je n'ai nullement la prétention de dresser un pian pour Vavenir, mais si fai profité de fexpérience de quelques hommes sensés et si fai moi-meme acquis quelque connaissan.ee du pays, je crois qu'on pourrait aventurer les indications suivantes:
Ne pas se herteur à la politique du Roi; lui laisser, sous ce rapport, et quant à présent, carte bianche, liberté entière. Il iCy a pas de revolution ni de soulè-vemenls à craindre ici; la questi on, les questions italiennes sont bien moins à Naples que dans les autres états italiens: inspirer confiance et prendre pied en syabstenant quelque temps de laute initiative, puis ne toucher qu'à une chose, ne proner qxCune chose et en faire dès lors le programmo bien net, bien carré, des vues et des désirs des deux puissances. Je veux parler du développement et de l'amélioralion du royaume par une impulsion industrieUe et jinanciere. Des chemins de fer dans les grandes directions du royaume, l> des routes en Calabre, oh le brigandage est encore aujourd'hui toléré et maintenu comme mode auxiliaire de gouvememenl pour effrayer et contenir les propriétaires.
1) De négociations uvuient été eiitainócn par un Francois pour la cuuslruution d'une ligne Naples-Tarentc et une socie té fornile à la téte de Inquellc ae trouvaientMAL Talabot, Rotbschild de Paris et deux maiaons de Londros. I/kostilité du roi à ce projet dovoit le faire échouer.