Rassegna storica del Risorgimento
LEONE XIII
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1954
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Aptscts politiqiws du conciavo de Leon XIJI 361
France avait impose aux Papes au temps de l'exO d'Avignon. (Ce fut pré-cisément pour la méme raison de Désitalianìsation de la Curia Romana qu'un projet analoguc fut discute à Vienne à la veillc de la première guerre mondiale).
Des suggestiona dans ce sena furent faites au concile du Vatican par l'ambassadeur de France et il parait qu'elles furent accucillies favorable-ment; mais les esprits on été bientót emportés vers d'autres idécs et d'autres problèmes. ')
Le fameux membre de la minorité au Concile, l'évèque de Croatie Stross-mayer reprit des idécs semblables dans l'intérét de ses tendances slavophi-lcs; elles ausai en ce moment n'eurent point de succès.
Mais lorsque, vers la fin de 1874, des conversations s'entamèrent cntre les cabinets de Paris, de Vienne et de Lisbonne concernant le futur con* clave, les Frangais vinrent à suggérer qu'on devrait dévier de la tradition et élever à la Tiare un cardinal nonitalien. Vienne et Lisbonne rejetèrent cette suggestion et le ministre de la monarchie des Habsbourgs, le comte Andràssy expliqua qu'un Pape non-italien serait suspect partout de piacer les intérèts de sa nation au dessus de ceux de l'Eglise Universelle, un danger qui serait spécialement grave dans le cas ou l'élection tomberait sur un cardinal frangais. 2)
Le deuxième problème autour duquel cerclèrent les dépéches des cabinets discutant le prochain conclave était celui de l'indépendance de l'élection du futur chef de l'Eglise; vers la fin de 1873 Vienne, Paris et Lisbonne se trouvèrent en pleine conversation sur ce sujct.
Le ministre d'Autriche fut très explicite sur ce point: En vue d'une éventualité plus ou moins lointaine nous considérons comme un principe d'éviter tout ce qui pourrait avoir l'air d'une pression et d'assurer pleine-ment l'indépendance de l'Eglise Catholique au moment où elle aura à élir un nouveau Souverain Pontife. 3) Et l'Empereur lui-meme, d'habitude si réservé dans ses Communications avec ses ministres, avait mandé à Beust, déjà en printemps 1871, à propos d'une discussion sur le futur conclave, de prendre maintenant toutes les précautions et décisions, car au moment donne il faudra agir énergiquement et imniédiatement; car c'est non seu-lement le devoir, mais aussi l'intérét proéminent de l'Autriche de garantir la liberté de l'élection papale.
Cette liberté de l'élection papale paraissait d'ètre mise en un sérieux danger des deux cótés. Ce n'est certainement pas ici le lieu de rappeler que ce conclave fut le premier qui eut lieu après la chute de pouvoir temporel. Les assurances qui furent données à ce su jet à Vienne pendant la visite du roi Victor Emmanuel en septembre 1873 et que ViscontiVenosta allait répéter dans une circulaire au commencement de l'année suivante, furent acceptées dans la capitale autrichienne comme des garanties suffisantes de l'attitudc que le Quirinal prcndrait au moment donne; Paris et Lisbonne se montrèrent plus ceptiques et auraient voulu les faire enregistrer dans
1) Note hwtoriqne, 31 V, 1870; AMAB.
2) Dèpéche à Lisbonne, 15 IV, 1874; StaotBnrchiv Wien (en Buìvant: St. A.).
3) Dèpéche à 10 II. 1874; St. A.; voir mon article Austria and the Conclave of 1878, dans: 77u> Calholic Materiati Rovino, July 1953.