Rassegna storica del Risorgimento
ARCHIVI ; VITTORIO EMANUELE II RE D'ITALIA ; CHARVAZ ANDR?
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Paul Gtdchonnct
qualités: éloquence ampie et persuasive, science théologique étendue, fer-nicté dans les pusitions prises mais aussi intelligence et connaissance des hommes. Il ne sera pas et on lux en fera souvent reproche un de ces prélats aveuglément réactionnaires, comme il s'en trouvera tant dans le Piémont cavourieu. Au contraire, il apparait comme une manière de médiateur cntre Turin et Rome et l'hoinine sor lequel on compierà souvent pour détendre les relations entre les deux cours. Ce rdle conciliateur de Mgr Cbarvaz, qui n'a pratiquement pas été mis en lumière, nous parali, au contraire, des plus importants. Ce qui ne voulait pas dire, d'ailleurs, que Pévéque fui prét à toutes les capitulations et il le montra bien à Poccasion de la promulgation de la loi sur la presse du 30 octobre 1847. Après s'étre réjoui de la concession du Statut et en avoir été remercié par Charles-Albert, il s'eleva avec vigueur contre la suppression de la censure écclésiastique en matière de presse et d'imprimés, telle qu'clle avait été institué par le Concile de Trente et les concordats signés entre la papauté et le Piémont. Aussitdt, il encourage les évcques à la résislance et le 17 dócenibrc, en dépit des ami* cales, prières de son ancien camarade d'école et compatriote, le ministre Avet, il se démit de l'évéebé de Pignerol et partit pour Rome, afin d'informer le Pape des circonstances de sa renonciation. Il passa dans la ville eterne! Io tout le printemps 1848, si cbargé d'événemcnts. Le 9 mai Pie IX accepta sa démission et, le 13 juin, le nomina archevcquc in parti bus de Sebaste. Mgr. Cbarvaz se retira alors dans sa maison de Moùtiers.
Il était clair, pourtant, que cet intermcde ne pourrait durer et, dès le lendemain de Novare, le nouveau souverain le rappela auprès de lui et le chargep d'une démarebe auprès du Pape, à Gaète, qu'il declina. Dès le 22 octobre, c'étai t le cardinal AntonelU qui l'invitait à son tour à se renare à Naples, où le Souverain Ponti fé lui confi a une mission confi dentielle auprès de VictorEmmanuel. Dès ce moment, Mgr Cbarvaz fit tout ses cfl'orts pour améliorer les relations entre le Piémont et le Saint Siège, échangeant une correspondance suivie avec le cardinal Antonelli et pesant de tonte son in-fluence sur le souverain, pour empecher I'adoption de la loi Siccardi. Après de longues négociations avec le Vatican, l'archevéque de Sebaste fot élevé au siège de Géncs, le plus important et le plus délicat de tous les Etats sardes. C'était, aux yeux du gouvernement, un gage de modération donne au pape et l'espoir de voir rediger un nouveau concordat.
Au moment où, de retour de Rome, Mgr Cbarvaz arrivait. à Turin, il se trouva jouer un rdle décisif dans la formation du premier cabinet Cavour. Le roi voulut en effet qu'il eùt une conversation avec le président prcssenti, pour examiner les ebances qu'avait le nouveau ministère de rencontrer, à Rome, un favorable accueil. L'arebevéque fit clairement entendre qu'clles étaient très faibles. Cavour en convint et refusa d'accepter de constituer le cabinet. On tomba d'accord sur Cesare Balbo, qui ne put réussir et c'est alors sculement que Cavour reprit ses cousultations. Beaucoup de prélats et d'ecclésiastiques, par la suite, reproebèrent amèrement à Mgr Cbarvaz d'avoir trop peu fait pour evincer Cavour du pouvoir, alors quo, disaientils, il avait son sort entre ses maina.
L'épiscopat de Gènes dura d'octobre 1852 à juin 1869. Certe periodo fot, de loi ti, la plus importante et la plus remplie de l'existence du prélat et il n'est pas question, dans le cadre de cctte brève noto, d'en passer en revue