Rassegna storica del Risorgimento
BENEDETTI VINCENT ; 1861-1862 ; RICASOLI BETTINO
anno
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1954
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620
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LA MISSION DU COMTE BENEDETTI À TURIN ET LE MINISTERE RICASOLI (1861-1862)
A la suite de la reconnaissance du Royaume d'Italie par Napoléon III, un décret imperiai, signé le 10 aoùt 1861, accredita le comte Benedetti, Directeur dee ÀfFaires politiques au Quai d'Orsay, en qualité d'Envoyé ex-traordinaire et Ministre plénipotentiaire près Sa Majesté, le Roi d'Italie. Gommentant ce choix, en l'apprenant à Rayneval qui, depuis le 12 scptem-bre 1860, gérait la légation de France à Turin, le Ministre des ÀfFaires étran-gères, Thouvenel, lui écrivait: Je ne donte point que le Roi VictorEmmanuel II et son Gouvernement ne voient, dans le choix de VEmpereur, un nouveau témoignage oVintérèi et de bienveillance de la part de Sa Majesté imperiale. *) Le nouveau représentant de la France n'était pas un inconnu à Turin puis-que, l'année précédente, il était venu y parapher avec Cavour le traité con-sacrant la cession de Nice et de la Savoie. Protégé du Prince Napoléon, en relations étroites avec le cercle du Palaie Royal, poussé dans la carrière par le marcjuis de La Valette, Benedetti devait ètre persona gratissima dans la capitale provisoire de l'Italie en raison de son hostilité à la cause du pou-voir temporel et de ses liens d'amitié avec Arese, commensal de la famille imperiale, et Rattazzi, Président de la Chambre et successeur tout désigné à la téte du rninistère de l'intransigeant doctrinaire toscan, Ricasoli (le Baron de Fer). H n'y a pas à s'y tromper, la France abandonne Rome, puisqu'on nous envoie M. Benedetti écrivait avec une pointe de regret un jeune attaché de légation, dévoué à la cause de Pie IX, le marquis H. d'Ideville. 2) Effectivement, lorsque Rayneval, le 14 aoùt 1861, annonca à Ricasoli le nom du fu tur représentant de la Cour des Tuileries, le Président du Conscil italien le chargea de témoigner à Thouvenel toute la satisfaction avec laquelle le Gouvernement royal accueillait le choix de l'Empereur. 3) Avant de quitter Paris, Benedetti écrìvit à son ami Arese: Je compte vous demander vos bons avis et votre assistance pour m'aider à remplnr une tàche qui répond à tous mes goùts, mais que je redoute. *) Le 28 aoùt, il arriva à Turin où Rayneval lui transmit Ics services de la légation. Sa première visite officielle fut réservée à Ricasoli pour lui remettre, selon le protocole, une copie figurée de ses lettres de créance. En lui resti-tuant sa visite, le successeur de Cavour aborda immédiatement les questiona politiques qui lui tenaient à cocur. H considera Rome comme le foyer de toutes les mcnées qui cntreteuaient le désoxdre dans les provinces niéri-dionales de l'Italie. Bicn que promettami de combattre toute solution vio-
l) Thcmvcnel a Rayneval, le 12 aoùt 1861 (ArdUves du Quai d'Orsay - F. Italie, voi, 352).
z) H. nloBVittE, Journal d'un diplomate en Italie, Turin J859-1862, Paris, 1872 (312 p.).
) Rayneval fi Thouvenel, le 14 notti. 1861 (A. Q. 0. d).
*3 Lettre citée par J. GHABINSKI, Un ami de Napoléon Ilf, le comu Arese, Paris, 1897 (259 p.). Cct ouvrage a été compose d'apre les documento rìtés par E. Bonfadini dans son étude sur la vie d'Arese, Vita di F. Arasc, Turin, 1894 (S4S p.).