Rassegna storica del Risorgimento

BENEDETTI VINCENT ; 1861-1862 ; RICASOLI BETTINO
anno <1954>   pagina <621>
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La mission du comte Benedetti à Turin, ecc. 621
lente de la questìon romaine, Ricasoli ne cacha pas au représentaut de Na-poléon III que, tdt ou tard, la Ville Etcruclle devait nécessairement appar-tenir au royaume d'Italie et en ètre la capitale, tout en protestanti d'ail-leuiB de son iutention de réaliser cette fin par voie de coneiliation et d'ac-cord avee le Gouvemement de FEmpercur. Mais le Premier italien insista bien sur un point: celui de Poccupation francaise qui, à Rome, garautissait une certaine sécurité aux adversaircs du nouvel état de choses. L'ex-roi de Naples, Francois II, était, selon Ricasoli, Pinstigateur des troubles qui, sous forme de brigandage, agitaient Ics provinces méridionalcs, et le Saint-Siège, soutenait le Président du Conseil, appuyait les efforts du monarque déchu. Benedetti recommanda à son interlocuteur la prudence à Pégard du Gouver-nement pontificai. Ricasoli termina le colloque en démontrant que la Pa-pauté tirerait de multiples avantages d'une union intime avec l'Italie uni-fiée. *) Quelques jours avant Parrivée de Penvoyé officiel de Napoléon III, Ricasoli, en effet, par une circulaire adressée à tous les agents diploma tiques du royaume, avait dénoncé à l'Europe le Saint Siège comme le principal facteur des troubles provoqués dans les provinces napolitaines , accusation que le Ministre de France jugeait inopportune en dépit de scs sympathies pour la cause de Punite complète de l'Italie. 2) Le ler septembre, Benedetti presenta ses lettres de créance au Roi. VictorEmmanuel II, au cours de l'audience, se felicita de renouer des rapports officiels entre son Gouveme­ment et celui de Napoléon III. Tout comme Ricasoli, il aborda la question de Rome et se montra assez prévenu contro le general de Goyon, comman-dant de la division francaise d'occupation, mais il promit de faire respecter par ses généraux, luttant contre le brigandage politique, les frontières du patrimoine de Saint Pierre. 3)
La mission de Benedetti à Turin s'avérait épineuse si Pon se rappelle, qu'au cours des mais qui suivirent la proclamation du Royaume d'Italie, deux buts politiques s'imposaient aux successeurs de Cavour: aller à Rome, ce qui mettait en cause le pouvoir tcmporel de la Papauté, et obtenir la Vénétie au risquc de disloquer l'Empire d'Autriche, pierre angulaire de Péquilibre enropécn. Les deux problèmes allaient-ils se poser séparément ou simultanément? Le 2 septembre 1861, Thouvenel precisa la politique qu'en-tendait suivre le Gouvemement imperiai visà-vis de l'Italie. Le plus vif désir de Napoléon III était d'amcncr une coneiliation entre deux intércts qu'il avait égalcment à coeur: sauvegarder l'indépendance de l'Italie et celle du Saint Pére; cependant, il n'entendait se prèter à aucunc combinaison qui serait de nature à sacrificr le sccond de ces intéréts au premier. Qua ut à la circulaire du 24 aofit, Thouvenel regrettait l'insistance que semblait mettre Ricasoli à encourager les passi ons que sa propre sagesse, (Cune party et, de l''nutre, le prix quHl atlachait à maintenir de bonnes, cordiale* et intimes relations avec la Franca, dermi ent lui consci ller dapoiscr . Effcotivemcnt, le Cardinal Àntonelli venait do saisir la Cour des Tuileries d'une plainte au sujet de troia violations do frontière qu'il attribuait aux soldats de Cialdini. Thouvenel jugea sévèrement ces ineidents qui, en se reproduisuut finiraient
0 et 2) Hcncdctlì à Thouvenel, Ics 30 aoùl et l septembre 1861 (A. Q. 0., d). 3) Benedetti A Thouvenel, les 30 aoftt et l eeptembre 1061 (A. Q. 0., d).