Rassegna storica del Risorgimento

BENEDETTI VINCENT ; 1861-1862 ; RICASOLI BETTINO
anno <1954>   pagina <623>
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La mission du comte Benedetti à Turin, ecc. 623
Le 23 octobre, Benedetti conversa durant deux longues heures avec Victor-Emmanuel II. Àu dire du Ministre de France, le Souverain fit mon­tare de cette simplicité affablc qui lui était particulière , tout en Iaissant percer un peu de pessimisme quant à Pavenir de l'Italie: Nous sommes mor-ie, dit-il, et si le Pape nous survivait sans que la position fùt améliorée, Védifice tout entier risquerait de s'écrouler. Il est donc nécessaire et, en pa-reille matterò, il est mente urgent de trouver soit une solution, soli des expé-dienis. Le Roi d'Italie laissa entendre que la France devrait occuper Rome indéfiniment, le Saint-Pere ne pouvant exercer son pouvoir temporel qu'avec l'appui d'une puissance étrangère. Selon Victor Emmanuel II, il n'y avait qu'un remède pour sortir de l'impasse: substituer l'arnie italienne à Parmée francaise et, en tant que Roi, il prendrait toutes les dispositions et tous les engagements qu'on jugerait nécessaires pour garantir la liberto et Pindépendance du Pape et de son Gouvernement. Mais il se demandait, non sans scepticisme, si le Pape accepterait cet arrangement; là-dessus, il misait sur l'influence de Napoléon III. Nous serons. de pan et oVautre, con-traints de faire un effort sérieux pour sortir d'une situation à laquelle il nous faudra bien mettre un terme tot ou tard et qui, en se prolongeant, tend à s'ag-graver pour la France autant que pour l'Italie. ISEmpereur, conclut Victor- Emmanuel II, était oVailleurs le meilleur juge des moyens auxquels il convien-drait de recourir et de leur opportunité. Surtout, le Souverain italien souhai-tait que Rome cessai d'otre le centro des menées qui troublent la paìx publique dans les provinces napolitaines. Je ne sais, souligna-t-il, ce que VEmpereur peul ou veut faire pour déterminer le Roi Francois II à s'éloigner. Ce qui est certain, c*est que sa présence au Quirinal encourage les agitateurs et autorise ses partisans à prétendre qu'il ne tarderà pas à reparaiire dans son royaume. Si donc, ce Roi continue à résider à Rome, nous devons nous attendre à de nou-velles agressions et nous lenir préts à les repousser. Que le Roi choisisse une autre residence et il nous sera aisé de maintenir Vordre. Il est un autre ser-vice que VEmpereur peul également nous rendre et qui nous serait précieux, c'est de donner, au commandani de son corps oVoccupation, Vordre de surveìller la frontière meridionale et de mettre ordre au passage des insutgés qui conti" nuent à se retirer sur le territoire romain et à reparaiire dans les provinces napolitaines. *) Thouvenel, mis au courant des vucs de Victor-Emma­nuel II, répondit à Benedetti que celles-ci avaient particulièrement fixé son attention. *)
Ricasoli ne pouvait se consoler de la réponse dilatoire qu'il avait recue de Paris, il était impatient d'occuper la Ville étemelle: Il nous faut Rome, écarivait-Il à M. d'Azeglio, Rome nous manque a cause de l'occupation fran­caise, 3) D'accord avec son souverain, désireux de discuter plus par la voic privée que par les notes diploma ti ques, il envoya Rattazzi à Paris sur le conseil de Pofficieux Vimcreati, après s'étre assuré du consentement de nSmperoir. Personncjiement, Victor-Emmanuel II cut préféré sérìer
1) Benedetti Thouvenel, le 24 octobre 1861 {A. Q. 0., ti"). i) Thouvenel a Benedetti, le 26 octobre 1861 (A. Q. 0., d).
ti) Voto la Thise de Moie LUCIANA LOBI DEMAIUA, LM relalUma mitre la France et P Italie de la proelamodon du royaume à la conptuaion de aeptembn 1864, Paris, 1951.