Rassegna storica del Risorgimento

BENEDETTI VINCENT ; 1861-1862 ; RICASOLI BETTINO
anno <1954>   pagina <624>
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Cesar Vidal
les diificnités et occuper Venise avant de réunir Rome à sa couronne. D'aprs Benedetti: II eùt mieux aimé s'attaquer au quadrilatere Verone, Mantoue> Peschiera, Legnago qu'au Vatiean. Il jouerait peut-etre plus volontiers la cou­ronne que sa place au Paradis. Le Roi d'Italie espérait-il reconimencer, au printemps de l'année 1862, la guerre qui, en 1859, avait été interrompue par l'armistice de Villafranca? Peut-ètre. Ces velléités seerètes de Victor-Emmanuel II expliquent sans doute une suggestion déVeloppée par Rattazzi au cours de sa niission à Paris: détourner les esprits de la direction romaine en intégrant la Vénétie au royaume d'Italie. Deux solutions étaient possi-Hes: celle du coup de force, la Hongrie et la Transylvanie étant prètes à s'insurger, et celle d'un compromis dédommageant Vienne dans les B alkans de la perte de son ultime province italienne. Rattazzi fut convaincu que Napoléon III voulait retirer ses troupes de Rome, mais qu'il n'en voyait pas la possibilité sans faillir à Phonneur et, qu'en outre, il ne voulait pas de nou velie guerre avec l'Autriclie. *) C'est à peu près le seul vague encoura-gement que recueillit Rattazzi au cours de l'audience imperiale du 23 octo-bxe 1861. Ricasoli lui-mème écrivit inutilement à Napoléon III qui, après avoir entendu les rapporta de Thouvenel et de Benedetti sur la situation intérieure de l'Italie, l'engagea à se réconcilier avec le Pape. 2)
Benedetti se montra fort circonspect quant aux buts que se proposait Ricasoli, buts d'ailleurs caressés par l'opinion publique dans sa presque una-nimité. Selon le représentant de Napoléon III, la tàclie immediate du Gou-vernement de VictorEmmanuel II devait ètre l'organisation adniinistrative du nouvel Etat et le développement de ses forces militaires; pour résoudre le problème de Venise et surtout la question romaine, il convenait d'atten-dre des circonstances plus opportunes. 3) Mais Ricasoli était impatient de réaliser ce que la mort n'avait pas permis à Cavour d'achever. Le 6 no­vembre, il presenta à Benedetti un projet de statut provisoire du patri-moine de Saint Pierre. Des garnisons francaises et italiennes occuperaient aimultanément les cités pontificales de Corneto, de Viterbe, d'Acquapen­dente, de Velletri, de Prosinone et de Terracine. Ce condoniinium serait aux yeux de l'Europe un gage patent de Pentente existant entre la France et l'Italie, il aurait le doublé avantage de donnei- satisfaction au sentiment na-tional et de rassurer les esprits inquiets. Ricasoli faisait valoir à Napoléon III qu'une telle combinaison permettrait à l'armée italienne de déjouer toutes Ics tentatives d'agression du parti mazzinien contro le terrftoire romain et qu'il fermerait l'acccs aux bandes armées qui franchissaient Ics frontières da patrimoinc de Saint Pierre. Le Président du Conseil italien voyait aussi dans son projet un moyen de démontrer, tant au Saint Siège qu'aux catUo-tiques du monde entier, que l'armée italienne était en mesure de garantir l'indépendauce du Saint Pére et le libre exercice de son autorité. Ricasoli, en conclusion, considérait son dessein cornine une première étape qui déga-gerait le présent et préparcratt Pavenir. Pourtant, de tels arguments ne
1) L'idée d'une seconde guerre uvee l'Autriche pour dehvrer la Vénctfc, avec ou sana le concoura de la France, Bendile avoir càTeaao l'imagination de Victor-Emmanuel TI dèa le lendemain de INtrmiatitso de Villnfruufin.
2) Gfr sujprti, note 3 p. 624.
*) Benedetti à Thouvenel, le 5 novembre 1861 (d, Q. 0., d)