Rassegna storica del Risorgimento
BENEDETTI VINCENT ; 1861-1862 ; RICASOLI BETTINO
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1954
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625
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La mission du corate Benedetti à Turbi, ecc. 625
convainquireiit que médiocrement Benedetti. En transmettant à Paris le memorandum de Ricasoli, il l'accompagna d'observations asscz décevantes: On peut établir (ùnsi le chapitre des avantages, mais il reste à examiner celui des inconvénients.
1 Le Saint Siège repousserait une semblable mesure.
2e Si elle était adoptée, elle soulèverait de sa pari les plus énergiques protestations.
3e II faudrait, en y donnant suite, procéder par voi e de violence morale.
4" On reprockerait à la France de livrer, sans le consentement du Pape, un terrìtoire doni elle a la garde.
5' Uoccupation mixte donnerait lieu à des conftits regrettables.
6e Le Gouvernement pontificai rappellerai ses fonctionnaircs dans les villes qui seraient occupées par les troupes du Roi Victor-Emmanuel II.
Ricasoli, rais au courant de ces objections, riposta que tòt ou tard, il faudrait en arri ver là si l'on ne voulait pas maintenir iudéfinimcnt les troupes francaises à Rome et qu'il ne ero vai t pas que les autorités pontifi-cales abandonneraient les villes où auraient pénétré les troupes italiennes. Selon Benedetti, cette derni ère suggestiou avait été inspirée par Victor-Emmanuel II, le Roi et son premier Ministre redoutant l'éclio des débats parlementaires quand on aurait à déclarer qu'on devait renoneer, pour l'instant, à satisfaire les voeux de la nation. Benedetti était convaincu que le souverain préférait détourner sur la question véiiitieune l'attention et l'ardeur des partis, tandis que Ricasoli voyait dans la politique royale la perspective d'une guerre avec PAutriche que, pour l'instant, l'Italie n'était pas en état de soutenir. l) Pour convaincre définitivement Napoléon HI et ses conseillers, Ricasoli joignit à son memorandum une lettre explicative dans laquclle on relève les passages suivants: Maintenant, que nous savons la pensée de VEmpereur sur Rome, je n'en suis pas du tout effrayé, je dirais mieux en disant qiCelle encourage ma mèdi tati ori et ma persévérance dans le bui auquel la France et VItalie doivent viser ensemble. Rome est cause commune de troubles et de dangers, mais Rome ne se prend pas d'assaut, il faut lapren-dre en rongeant les difficultés. Uétat d'incertilude ou- les apparences d'ajour-nement, je les juge dangereux pour tous. Soulignant son projet de garnisons mixtes, le Ministre italien y voyait encore une étape mais une étape indis-pensable et utile qui ne lurderait pas à réduire à la raison soit le Pape, soit Francois II, et couperait court aux enrólements qui favorisent la réaction et le brigandage. En tcrminant, Ricasoli qualifiait son pian de simplc pensée pensée que je n'appello pas d'un autre nòm, écrivait-il à Benedetti, jusqWà ce que vous m'ayez donne votre avis. 2>
Thouvenol lut avec la plus grande attention les suggestions de Ricasoli, mais il n'était pas tn mesure d'abandonner Rome sans avoir à a (fruii ter l'animadveraion du clergé et des catholiquoe franeais. Il répondit évasivcnient à Benedetti: Nous apprécions les difficultés que rencontre le Gouvernement italien, nous rendons justice à ses efforts pour les surmonter. Il importe essen-tiellement, aux yeux de VEmpereur et du Gouvernement italien lui-meme, de
ti et *) Benedetti a Thonvanel, le 6 novembre 1861 (A. Q. 0 <!<).