Rassegna storica del Risorgimento
BENEDETTI VINCENT ; 1861-1862 ; RICASOLI BETTINO
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1954
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627
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La m ission du coni te Benedétti à Turiti, ecc. 621
fùt conclu entre les dcux commandemeuts. RicasoU était convaincu que le general de Goyon et son état-major étaient animés d'intcntions malveil-lantes à l'égard des officiers italiens dirigeant ies opérations contre les bandes armées. Le 25 novembre, Ricasoli écrivit à Benedetti pour lui récapituler ses griefs contre cet état de choses, affirmant que Chiavone recevait cons-tamment des renforts de Rome et que le Pape et Francois II étaient respon-sables de cette situation. Tout cela arrive sous les yeux des Francais, con-cluait le Ministre, je vous ai ouvert bien confidentiellement mon àme. Benedetti, ébranlé par l'arguinentation de son correspondant, recommanda à Paris de faire quelque chose afin qu'on n'accusat pas la Francc de favo* riser indirectement les enncmìs de Punite dans les provinces méridionales. Le Gouvernement du Roi, écrivit-il à Thouvenel, risque d'ètre discutè par les démagogues s'il ne peut assurer l'ordre dans l'Italie du sud. Le représentant de l'Empereur suggérait comme solution pratique l'éloignement de Francois II de Rome et la concentration des troupes francaiscs sur les frontières du patrimoine de SaintPierre. Le Ministre de France 1 aissai t en-trevoir une grave eventuali té si les partisans de Francois II obtenaient quelques succès: Garibaldi reparaìtrait avec ses volontaires et ce serait la guerre civile. *) A Compiègne, Napoléon III fut mis au courant de ce rapporti, il fit savoir à Turin qu'il ne voyait aucun inconvénient à ce que Rica-soli annoncàt que des ordres venaient d'ètre donnés aux chefs de corps des troupes francaises afin qu'ils se concertassent avec les commaudants des unités italiennes pour fermer aux bandes l'accès de la frontière et assura qu'une démarche serait tentée auprès de Francois IX par PAmbassadeur de France à Rome pour Pinviter à s'éloigner de la capitale du monde catholique. En communiquant à Benedetti la volonté de l'Empereur, Thouvenel lui recommandait instamment de faire éviter ime indiscrétion à la tribune de la Chambre car, si elle se produisait avant que la démarche presente fut accomplie auprès de Francois II, elle la rendrait impossible. 2) Napoléon HI chargea Thouvenel de communiquer de sa part au Maréchal Randon, Ministre de la Guerre, qu'il voulait qu'on donnàt des ordres très catégoriques pour empécher tonte agression partant du territoire romain et qu'on recomman-dàt à de Goyon et aux omciers généraux francais de s'entendre dans ce bnt avec les généraux italiens. C'est avec une vive satisfaction que le cabinet de Turin apprit les décisions impérialcs et Ricasoli chargea Nigra de maui-fester à l'Empereur ses sentiments de gratitude. Benedetti, dont la tàche semblait simplifiée, estima que l'Empereur avait contribué à rassnrer le sen-timent public. *) Dès le 23 septembre 1861, Napoléon III avait personnel-lement écrit, de Biarritz, an Maréchal Randon pour qu'on répétàt au general de Goyon qu'il voulait qu'on observàt à Rome la plus stricte neutralité, car <m avait fait savoir à l'Empereur que le commandant des troupes francaises à Rome avait assistè à la cérémonie anniversaire de Castelfidardo. A Compiègne, le 9 décembre 1861, le Souverain rédigea de sa propre main les instructions que le Ministre de la Guerre devait donnei à cet ofneier
i) Benedetti Thouvenel, le 26 novembre 1861 (A, Q. 0., d). *) ! mitrati ioriH minwtérìelloa du 28 novembre 1861 (A. Q. 0. d"). 3) Benedetti a Thouvenel, le 8 décembre 1861 (A. Q. 0., d).