Rassegna storica del Risorgimento
BENEDETTI VINCENT ; 1861-1862 ; RICASOLI BETTINO
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1954
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629
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La mission du cómte Benedetti à Turiti, eco, 629
aussi gràce au concours des légitimistes de tous Ics pays, escomptant bien la tolérance, sinon la participation, du Gouverncment pontificai, il espérait reconquérir son trdne. Les menées de ce Bourbon à l'abri du drapeau tricolore provoquèrent dans certains milieux italiens une réaction antifiran? caise rendant parfoi sépineux le role conciliant de Benedetti. Avec peine, il apprit qu'on prétait au Gouvernement imperiai le projet d'obtenir la ces-sion de la Sardaigne, de ménager au Prince Murat son avènement au trdne qe Naples. On persiste, je ne saurais le taire à Votre ExceUence, écrivait-il à Thouvenel, le 4 décembre 1861, à voir dans Vattitude de M. le general de Goyon, aans le mauvais vouloir qu'on lui suppose pour le Gouvernement italien, une politique qui ne serait pas celle dont fai Vhonneur d'Stre Porgane à Turin... Jrai eu t'occasiona durant ces derniers temps. de constatar combien ces appré-ciations se sont accréditées et à quel point elles égarent l'opinion publique. La résolution prise par le Gouvernement de VEmpereur de contribuer à fermar la frontière napolitaine aux bandes armées avait été accueillie camme un trait de lumière destine à dissiper ces ennuis; mais bientót on eut connaissance de la manière dont 2W. le general de Goyon entendait exécuter cette mesure; on s*est hàté d*en conciare quo rien ne serait changé dans la situation ante-rieure des choses, Gertes, Benedetti rcprochait aux Italiens leur impatience d'aller à Rome, mais, pour ménager l'avenir, il faisait remarquer qu'il était fàcheux qu'il ne fùt pas possible de mettre fin aux difficultés qu'on leur susci-tait et qu'on ne pourrait assurément pas leur opposer sans notre occupation. Ces difficultés, ajoutait-il, mettent obstacle à la constitution du nouveau royaume et affaiblissent le Gouvernement; son autorité s'en ressent et il en risulte de graves ìnconvénients que le Gouvernement de VEmpereur ne saurait voir avec indìfférence. Benedetti demanda, une fois de plus, qu'on fìt en sorte que le séjour de Francois II au Quirinal cessàt d'etre irne cause de troubles pour l'Italie et de défiance contre Napoléon HI. *) Tbouvenel parut un peu surpxis de ces recommandations et assura qu'il avait chargé La Valette de saisir toutes les occasiona de faire appel à la sagesse du Souverain Pontife. 2)
Au débnt de l'année 1862, Ricasoli recut de Nigra un projet de résolution de la question romaine élaboré par Napoléon III, projet dit des Neuf paragrapjbes qui érigeait Rome en ville libre sous la doublé suzeraineté du Pape et de l'Italie. Ricasoli avoua à Benedetti qu'il croyait a l'aplanis-sement radicai des difficultés eéparant le Saint Siège du Gouvernement de, Turin et que le départ des troupes francaises était imniinent. Le représen-tant francala ne partagea pas les espoirs du doctrinaire toscan estimant que la foi qu'il avait dans le succès de l'oeuvre qu'il poursuivait se substituait trop à la raison. 3) Le sceptique Benedetti voyait juste. Le 11 janvier, la COUT des Tailcries adresea a La Valette le pian imperiai pour qu'il fùt sou-mis au Cardinal Antonclli. Ce dexnier ut preuve de l'intransigeance la plus absolue, menacant de transférer à l'étranger le siège de la Papauté pour le cas où les Piémontaie {sic) envahiaient Rome. Benedetti perplexe se de
ll Benedetti a Thouvenel. 2) Thouvenel A Benedetti. *) Benedetti fi Thouvenel, le 16 Janvier 1862.