Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; AUSTRIA ; LOMBARDO-VENETO ; FRANCIA
anno <1955>   pagina <208>
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Ferdinand Boyer
à offrir la médiation de Boa gouvcrnement. Mais il ne peusait pas qu'il fùt op-portun d'aller au devant. L'irritatiou dcs csprits, selon lui, est trop vive pour permettre de préter l'oreille à de semblables propositions. II faut, ajoutait-il, que la première impression s'auaiblisse, que la situation des parties bel-ligérantes se dcssine plus nettement et mette en lumière les causes et les élc-ments de leur force et de leur faiblesse respeetives. En résumé, l'opinion de l'ambassadeur était qu'il devait attendre. Cepcndant l'Autriche s'engageait d'elle méme dans la voie des négociations; au cours de la mème lettre, De Lacour annonait le départ du comte de Hartig pour la Lombardie et il ajou-tait: M. de Ficquelmont a fait prier l'Ambassadeur d'Angleterre de passer chez lui; on sait qu'il le chargea de prier Palmerston de conseillcr à Turin la conclusion d'un armistice. De Lacour croyait au succès possible de la négo-ciation après son entretien avec l'ambassadeur de Sardaigne à Vienne: Le marquis de Ricci, qui m'avait donne communication de la dépcche contenant la déclaration du cabinet sarde, m'a laissé clairement entrevoir que son gou-vcrnement ne serait pas fòche de voir les choses prendre cette tournure et se prèterait à une médiation qui tendrait à empècher à ce prix la guerre entre l'Autriche et lui. Le représentant de la France se hàta de faire sa voir à Ficquelmont que la Seconde RépubUque donnerait ses bons offices au besoin pour ime politique pacifique et conciliatrice.
Le Gouvernement Imperiai ne désirait pas l'aide de Paris, mais bien celle de Londres, et De Lacour écrivait le 8 avril: On répète que l'Angleterre n'abandonnera pas son plus ancien et plus fidèle allié..., qu'elle a intérèt à ce qu'il ne soit pas ainsi affaibli et qu'on peut s'attendre à lui voir faire une dé-monstration eclatante dans ce sens. Il y a dans ce langage, je n'hésite pas à le croire, plus d'assurance qu'on n'éprouve de conviction.l' En fait Pal­merston, désireux surtout d'empècher une intervention francaise en Italie, s'efForca de ramener la paix en demandant des concessions à l'Autriche; dès le début d'avru, Ficquehnont promit que la Sardaigne, si elle était vaincue, ne perdrait aucun territoire; au début de mai Ponsonby releva le manque visible de sincérité des déclarations d'Hartig et leur insuffisance. Cepéndant les hostiUtés s'étaient ouvertes: les Piémontais remportèrent le 8 avril leur premier succès à Gotto sur le Mincio, mais Radetzky avait réussi à rassembler ses troupes à l'abri des forteresses du quadrilatere Peschiera, Mantoue, Ve­rone, Legnago, et, dans la Vénétie du Nord, Nugent avait repris Udine le 23 avril et atteint le Piave. Rien de décisif ne s'était produit au point de vue militaire et De Lacour pouvait relater le 23 avril les hésitations de Vienne: envoi de renforts en Italie et désir d'un succès de guerre pour sauver la face et entamer les négociations, désir de paix panni les industriels et les com-mercants, espoirs dans l'Angleterre. En réponse, Lamartine n'écrivait le 28 à son représentant qu'un accuse de reception: Pai recu les dépéches que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire jusqu'au 24 de ce mois. J'ai Iti. avee in ter et ce que vous m'avcz mandé du caractère satisfaisant de vos rapporta avee le Cabinet Imperiai et de la situation de la monarchie
1} Cf. Ibid. fo 87. Cf. GRBER, L'Angleterre, la Franca et la Revolution de 1040, p. 222 et 226. Le 2 mai. De Lacoor répéta mie porose de Ficquelmont déclarant iju'il ne serait pas touché jBtxx territoires de Charles Albert a'il était vaincu.